Université

Cinq questions à Myriam Dagosto, stagiaire formation continue

Myriam Dagosto, stagiaire formation continue. Crédit : Lionel Monzinger.
Myriam Dagosto, stagiaire formation continue.
Crédit : Lionel Monzinger.

Commerciale accomplie, après vingt années d’expériences dans le secteur industriel, Myriam opte pour la carte formation continue pour entamer sa seconde vie professionnelle, centrée autour de la formation.

Quel est votre parcours professionnel ?

De formation initiale, je suis titulaire d’un DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) option Personnel et d’une maîtrise Administration économique et sociale (AES) option Administration générale et territoriale (AGT).

J’ai eu la chance d’évoluer rapidement au sein d’un grand groupe métallurgique, sur des postes variés et à forte valeur ajoutée. Mais les rachats d’entreprises, les réorganisations successives, mon statut de femme et de mère au travail m’ont amenée à repenser ma situation. Notamment lorsque mon supérieur hiérarchique m’a mise à l’écart, en me retirant toutes mes activités professionnelles. J’ai alors vécu ce que l’on appelle un « bore-out ».

Après avoir négocié une rupture conventionnelle avec la Direction des ressources humaines, j’ai intégré le marché du travail en Alsace, au travers de l’intérim et des CDD. J’ai alors commencé à penser ma seconde vie professionnelle.

Pourquoi le choix de la réorientation ?

J’aurais pu essayer de retrouver un poste dans mon domaine. Mais si mon profil trilingue et mon expérience internationale intéressent fortement les entreprises, les salaires proposés se rapprochent du Smic. Ce que je trouve être, en dehors de toute considération financière, un manque de respect.

Mais pour être honnête, cette situation m’a offert l’une des plus belles opportunités de ma carrière : la légitimité de me reconvertir dans un domaine qui me passionne, personnellement et professionnellement. J’ai toujours été intéressée par la formation. C’était l’un de mes cours préférés à l’IUT. Au fil de ma carrière, à force de rencontres, d’échanges et d’analyses des situations au travail, j’ai pu constater que les entreprises, autant que leurs salariés, ont besoin d’un accompagnement. A la gestion de la formation, mais également à l’optimisation de leurs activités et à la dynamisation des équipes de travail.

J’ai alors cherché une formation qui me permettrait de les accompagner, dans le respect de l’humain et de l’organisation propre à chacune des entreprises. Je l’ai découverte au Service formation continue (SFC) de l’Unistra : le master 2 Ingénierie de la formation et des compétences (IFC).

Pourquoi ce choix ?

L’Université de Strasbourg dispose d’un SFC adapté à la reconversion professionnelle, et la formation que j’ai choisie s’intègre parfaitement dans mon projet. La nécessité d’impliquer les personnes dans l’acquisition et la valorisation des compétences est réelle. C’est d’ailleurs l’un des objets de la dernière réforme de la formation professionnelle. Et il est nécessaire de laisser ces compétences et les talents individuels et collectifs s’exprimer, dans l’intérêt de l’entreprise et du salarié.

Mais alors, pourquoi est-ce si compliqué dans les faits ? La question reste ouverte, il n’y a pas de réponse toute faite. Pour autant, une chose est sûre : la notion de compétence est encore difficile à définir aujourd’hui même en matière d’ingénierie. Mais si on n’essaye pas de l’appréhender, on ne peut pas prétendre accompagner son développement. Or, c’est l’objet de mon projet. Le choix du master 2 IFC s’est donc imposé à moi comme une évidence.

Comment se déroule votre formation ?

Nous avons des cours collectifs, majoritairement en présentiel, tous les jeudis et les vendredis jusqu’à fin janvier, puis un jeudi et un vendredi par mois jusqu’à fin juin. Nous sommes un groupe apprenant de vingt personnes, issues d’univers professionnels différents mais avec un objectif commun : réintégrer l’humain au travail, et ce quels que soient nos projets professionnels.

Ensemble, nous apprenons à désapprendre pour apprendre, à confronter nos idées, à approfondir nos réflexions, à problématiser les situations de travail. Nous travaillons régulièrement en équipes, et notamment sur un projet collectif de six mois.

En parallèle, nous préparons notre mémoire de recherche, que nous présentons en fin d’année universitaire. Pour valider la formation, les étudiants qui ne sont pas en poste (dont je fais partie) réalisent également un stage d'un minimum de 420 heures, en lien avec les sujets du master. Nous lisons et réfléchissons beaucoup. Nous nous repensons aussi et nous sommes heureux de le faire car la formation nous accompagne dans un avenir professionnel que nous avons choisi.

Et après ?

Le master 2 va durer dans le temps car le groupe apprenant, tout comme l’équipe enseignante et les anciennes promotions, restent en contact et continuent à apprendre et à partager, participant ainsi à la réussite de chacun. Pour ma part j’ai l’ambition demain d’accompagner les Très petites et moyennes entreprises (TPE-PME) dans l’optimisation de leur développement stratégique, par un accompagnement à la formation et à la reconnaissance et l’acceptation des compétences individuelles et collectives de leurs salariés. J’envisage à moyen terme d’intervenir pour le compte d’une entreprise (OPCO, CCI, organisme de formation…), et éventuellement à plus long terme de devenir ingénieure-consultante en portage salarial.

Les livres sont leurs amis Changer d'article  Le projet européen Cluster4Sma...