Focus

Mobilisation pour la réussite

Contrairement à une certaine légende urbaine et contre certaines contrevérités tweetées avant la décision du nouveau confinement, les étudiants sur le campus et dans les amphis de notre université n’ont pas été les propagateurs du virus. Ils ne sont pas à l’origine de la deuxième vague de virus et de confinement. Beaucoup d’observateurs ont, a contrario, relevé à quel point nos étudiants avaient été, depuis la rentrée de septembre, respectueux des gestes barrières ; et pour cause ! Ils savaient que c’était la condition pour avoir des cours en présentiel. D’expérience, ils ont compris que certes, l’enseignement à distance pouvait pallier le manque de cours, mais entre mars et juin, ils ont aussi ressenti à quel point les cours en présentiel étaient essentiels. Nous ne serons jamais une université virtuelle. Le nouveau confinement pénalise de nouveau nos étudiants, et, partant, nos enseignants. Ils ont moins de chance que leurs camarades de prépas ou de BTS… ; passons. Nous voici donc de nouveau mobilisés pour nos étudiants. Nous avons réussi, en dialogue confiant et constructif avec les autorités rectorales, à maintenir le plus grand nombre de travaux pratiques. De même, les stages peuvent être poursuivis. Nous avons aussi pu mettre en œuvre des solutions numériques que, depuis le premier confinement, nous avons améliorées et développées. On s’inquiète beaucoup du décrochage des élèves dans les collèges et les lycées. On parle beaucoup moins de celui de nos étudiants ! Et pourtant le constat s’impose : le défi n’est plus, comme au cours de la première vague, de finir le deuxième semestre aussi bien que possible. Il est bien plus important : c’est qu’il s’agit de sauver l’année universitaire. À peine rentrés, de nouveau confinés. De nouveau l’heure de la mobilisation sonne pour lutter contre le décrochage des étudiants. Les enseignants, les services, médecins, psychologues, fondations, organisations étudiantes sont de nouveau sur le pont pour soutenir les étudiants plus que jamais guettés par la précarisation. Les situations de mal-être étudiant remontent de plus en plus nombreux aux oreilles de nos psychologues. La Région Grand Est se joint aux autres acteurs pour une opération de prêts d’ordinateurs. L’université est tout entière mobilisée pour offrir à nos étudiants le meilleur service de formation et de recherche possibles. Les jours qui viennent seront déterminants pour l’évolution de la situation sanitaire. Ils le sont aussi pour nos étudiants. Notre mobilisation pour leur réussite ne doit pas être moindre que notre mobilisation pour l’éradication du virus. Une fois de plus, je suis impressionné par l’engagement collectif au service de notre université.

Michel Deneken
Président de l'Université de Strasbourg

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