Université

La biomédecine a enfin son centre de recherche dédié à Strasbourg !

Le Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg (CRBS), rue Eugène-Bockel, est voisin du Nouvel hôpital civil (NHC).
Le Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg (CRBS),
rue Eugène-Bockel, est voisin du Nouvel hôpital civil (NHC).

La construction du nouveau Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg (CRBS), sur le campus Hôpital, a tardé à se concrétiser. Le bâtiment, partagé par l’Université de Strasbourg et l’Inserm, qui héberge également un institut clinique des Hôpitaux universitaires, prend vie en cette fin d’année 2020. Visite guidée.

Un site unique, dédié à la recherche en biomédecine et à la médecine translationnelle – de la découverte d’une molécule à son administration au patient. C’était l’objectif avec la construction du CRBS, débutée en mai 2015. La satisfaction des 300 scientifiques d'intégrer aujourd'hui leurs locaux flambants neufs est donc à la mesure de leur attente.

La plupart des équipes qui intègrent la nouvelle structure, située à proximité immédiate de l’Institut de virologie, « viennent du bâtiment 3 de la Faculté de médecine voisine », précise Nathalie Christophe, responsable administrative du bâtiment. Une structure vétuste, qu’elles ne regretteront pas. Déjà, la vocation de faire travailler ensemble les acteurs de ce domaine stratégique se concrétise. Les éclats de voix résonnent harmonieusement dans le lumineux atrium, et les premiers occupants se pressent aux balustrades. Le résultat d’un travail de conception de longue haleine par le groupement de maîtrise d’œuvre porté par les agences Groupe-6 et DeA, auquel les futurs occupants ont été associés. Le projet a été initié voici plus de dix ans par Bertrand Ludes, alors doyen de la Faculté de médecine, et Yves Larmet, vice-président Patrimoine.

Déménagement de deux mois

Débuté le 2 octobre, le déménagement est prévu pour durer jusqu’à fin novembre. « Une opération hors-normes », à l’image du projet, dans les cartons depuis 2007. « Des grues ont été nécessaires pour déménager certains équipements de recherche volumineux », ajoute Nathalie Christophe. La responsable administrative du CRBS fait partie de l’Unité mixte de service (UMS 38), structure innovante créée spécialement pour le soutien scientifique, technique et administratif des laboratoires de recherche, et dirigée par Luc Dupuis. « Nous avons été les premiers à investir les lieux. »

Les dix laboratoires du CRBS sont répartis autour d'un atrium central, très lumineux. Crédit : CRBS.
Les dix laboratoires du CRBS sont répartis autour
d'un atrium central, très lumineux. Crédit : CRBS.

Les dix laboratoires de recherche que fédère l’UMS couvrent un très large spectre de la recherche biomédicale, au travers de plusieurs axes : infection/inflammation, neurosciences, génétique médicale, biomatériaux et médecine régénérative. Sept de ces laboratoires sont des unités mixtes Inserm. Deux unités de recherche sont propres à l’Unistra et une équipe mixte CNRS de bioinformatique, rattachée à ICube, intègre le CRBS. Les scientifiques investissent progressivement les six étages du bâtiment.

Accueil des patients et travaux de recherche

Une partie du rez-de-chaussée restera toutefois vacante jusqu’au printemps. L’Institut génétique médical d’Alsace d’Hélène Dollfus, qui est un service clinique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), va s’y installer pour se consacrer à la prise en charge des maladies génétiques rares, plus spécifiquement ophtalmologiques. Des consultations seront menées, en lien avec le laboratoire de recherche de l'unité, déjà installé au premier étage, dans l’esprit de la médecine translationnelle qui a guidé le projet.

Car celui-ci, s’il se concrétise enfin, n’a pas encore écrit son point final. « Les trois ans de retard sur la date initiale de livraison sont d’abord dus à une défaillance de l’entreprise de ventilation et de chauffage retenue initialement dans le marché », souligne Alexia Martin, en charge de la conduite de l’opération à la Direction du patrimoine immobilier. Le projet met l’accent sur la gestion des flux d’énergie, avec une solution combinant géothermie et bardage extérieur en aluminium coloré, véritable signature visuelle du bâtiment.

« En cours de route, il a également fallu remettre complètement à plat la conception de la plateforme d’exploration fonctionnelle, pour y intégrer une dimension "salles blanches" plus contraignante d’un point de vue technique. » Là aussi, l’emménagement des animaux et des équipements au sous-sol n’interviendra que dans un second temps. Sans oublier les aléas habituels d’un chantier (défection d’entreprises, notamment), « et le confinement, à la fin, qui ne nous a pas aidés… » Enfin, last but not least, l’auditorium, « petit cube noir adjacent au gros cube qu’est le CRBS », précise Nathalie Christophe, sera livré plus tard. Il a vocation à accueillir des événements scientifiques. « Et au vu des nombreuses demandes de réservation, on a pu constater qu’il est déjà bien identifié ! »

Elsa Collobert

Visite en images

Chiffres-clés

300 scientifiques
10 laboratoires de recherche
13 500 m2 de superficie totale
7 niveaux (+ 2 étages techniques, sous la toiture, inaccessibles au public)
1 plateforme partagée d'imagerie (PIC-Stra, avec deux microscopes neufs, obtenus par Luc Dupuis grâce aux prix coup d'élan 2019 et Rotary-Espoir en tête 2019)
1 plateforme partagée d'exploration fonctionnelle et ressources expérimentales
1 plateforme mutualisée technique et administrative
1 service commun de laverie
38,7 millions d’euros : coût total du projet (23,25 du Contrat de plan État-Région 2007-2013, répartis entre 10,4 de l'État, 4,24 de la Région, 4,45 du Département, 4,16 de l'Eurométropole de Strasbourg ; 4,25 de l'Inserm ; 7,3 de l’Unistra ; 2,8 de l'Opération campus ; 1,1 pour l'Institut de génétique médicale issu du Contrat de plan État-Région 2015-2020, répartis entre 0,55 de la Région et 0,55 de l'Eurométropole de Strasbourg)

Chronologie du projet

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