Université

« L’orientation doit être un vecteur d’ascension sociale »

Bernard Lickel
Bernard Lickel

Nul doute que ses années d’expérience à l’IUT Robert-Schuman éclaireront sa direction d’Espace Avenir. Bernard Lickel détaille les objectifs et projets de ce service pivot de l’université, dont il a pris la tête le 1er février.

Après avoir longtemps évolué côté enseignement, vous changez pour une direction de service. Pourquoi ce choix singulier ?

En quittant l’IUT, où j’ai « grandi » professionnellement pendant 25 ans, en tant qu’enseignant puis directeur, je quitte ma zone de confort.

Ça ne m’a pas empêché de prendre rapidement mes marques à Espace Avenir (EA). Je trouve une équipe dynamique et engagée, auprès de laquelle je souhaite « prendre le temps d’entendre et d’apprendre » dans l’objectif de construire un vrai projet de transformation.

Outre le statut, les missions d’Espace Avenir et de l’IUT peuvent sembler différentes, mais dans les deux cas, l’épanouissement et la réussite de l’étudiant sont bien des objectifs communs. N’oublions pas que la loi qui régit actuellement l’enseignement supérieur s’intitule « Orientation et réussite des étudiants », l’un conditionnant l’autre. Et l’orientation, à son tour, doit être vecteur d’ascension sociale. Cela me tient particulièrement à cœur, du fait de mon parcours personnel.

Pour offrir des perspectives, il faut agir à tous les niveaux : ne plus considérer la réorientation comme un échec, construire des parcours de réussite pour chacun et non sur-diplômer tout le monde, accompagner l’insertion professionnelle, faire tomber les barrières à la poursuite d’études, à travers des programmes comme les Cordées de la réussite, par exemple.

C’est aussi la vocation du projet Noria

Oui, projet que nous portons et qui vise un public éloigné géographiquement et socialement des études. Il porte sur les choix d’orientation et la construction du projet professionnel dès le lycée. Trop d’étudiants qui arrivent à l’université n’ont pas pris le temps de construire ce projet pour donner du sens à leurs études. Nous sommes aussi partie prenante d’Include (à travers son levier professionnalisation), ainsi que d’Eole.

Comment fonctionne un service tel qu’Espace Avenir et comment souhaitez-vous le faire évoluer ?

L’équipe compte 25 personnes, auxquelles s’ajoutent des services civiques, des vacataires et cinq psychologues de l’Education nationale, en service partagé avec le rectorat.
Nous fonctionnons en quatre pôles : liaisons secondaire-supérieur ; orientation ; préparation à l’insertion professionnelle ; appui aux missions (communication, veille documentaire, logistique, finances).
La qualité du service rendu aux usagers figure au premier rang de nos valeurs : les permanences sont accessibles à tout moment, sans rendez-vous.
Mais comme dans beaucoup de structures, le confinement, intervenu très peu de temps après mon arrivée, a accéléré certaines évolutions.

C’est-à-dire ?

Cela nous a permis d’organiser quatre séminaires en ligne, pour dégager autant d’axes stratégiques forts de travail collaboratif : intégrer une dimension Développement durable et responsabilité sociétale (DDRS) dans toutes nos actions ; s’engager pour l’amélioration continue, au-delà de l’accueil* ; améliorer notre stratégie de communication ; rénover notre fonctionnement, en évoluant notamment vers de l’hybridation de nos processus.

Que recouvre cette dimension d’hybridation ?

Nous recevons plus de 5 000 demandes annuelles, dont la moitié débouchent sur un suivi ou un accompagnement. Pour faire face à ces sollicitations croissantes, tout en maintenant la qualité du service rendu, il faudra être créatif et réinventer nos pratiques : proposer de nouveaux outils, de nouveaux espaces, développer les approches collectives, gagner en agilité mais aussi faire progresser la qualité de vie au travail pour l’équipe.

Cela va de pair avec la refonte de notre espace d’accueil. Une évolution « physique » – chiffrée entre 150 000 et 200 000 € – mais aussi des outils. Cela a déjà été entamé avec la migration de nos ressources vers un nouveau portail (Créa) et la mise à disposition de kits en ligne pour les enseignants (préparation à l’insertion, « oui si »). Les usages des étudiants évoluent, leurs demandes sont diverses, nous devons nous y adapter.

Cette rentrée est particulière, entre afflux d’étudiants en première année et taux de réussite élevés aux examens. Le ressentez-vous à Espace Avenir ?

Il y a eu une légère hausse de fréquentation, mais pas d’explosion comme on aurait pu s’y attendre. On se tient prêts à accueillir celles et ceux qui auront besoin d’un accompagnement dans les jours à venir.

Propos recueillis par Elsa Collobert

* Le service est labellisé Marianne pour la qualité de son accueil

Photo de une réalisée dans le respect des mesures sanitaires.

 

Pléthore d’événements

La Direction des études et de la scolarité pour l’accès à l’offre de formation, l’Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip) pour les ressources de formation des enseignants et l’aide à la réussite, le pôle Entrepreneuriat étudiant, le Service relations Alumni…
Du fait même de la nature de son activité, EA travaille en synergie avec un grand nombre de services universitaires. Une interaction forte, que Bernard Lickel tient encore à développer, en particulier à travers les nombreuses actions du service.
La prochaine, d’envergure, touchera près de 500 étudiants : Prêt pour l’emploi ! leur offre des simulations grandeur nature d’entretien d’embauche. Les services et composantes s’associent largement à cette édition, du 16 au 27 novembre, pour renforcer le volet insertion professionnelle, prioritaire dans le contexte actuel. « Nous proposerons aussi des conférences et ateliers lors du Forum stage et emploi. Quant aux Journées des universités, les 21 et 22 janvier, différentes modalités sont à l’étude pour garantir le succès habituel de ce moment institutionnel fort. »

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