Université

« Une meilleure qualité de vie et d’apprentissage pour nos étudiants »

Jean-Philippe Heurtin dans son bureau du Cardo.
Jean-Philippe Heurtin dans son bureau du Cardo.

Jean-Philippe Heurtin, enseignant et chercheur en science politique, en poste à Sciences Po Strasbourg depuis dix ans, a pris ses fonctions de directeur le 1er septembre. Il fait le point sur cette rentrée particulière et sur les différents projets qu’il souhaite mener lors de son mandat.

Comment la rentrée s’est-elle déroulée ?

Les associations étudiantes, comme le bureau des élèves, sont très actives notamment en ce qui concerne les évènements d’intégration. Nous ne pouvons que remarquer que nos étudiants sont disciplinés sur ce point. Nous sommes aujourd’hui à 100 % en présentiel. Des scénarios mixtes et un scénario, que l’on espère alternatif, entièrement à distance, ont également été prévus. Ces derniers sont envisagés sereinement par l’expérience que le confinement nous a apporté et par le travail initié avec l’Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip) pour former nos enseignants à l’enregistrement des cours.

La réforme du deuxième cycle initiée l’année dernière est-elle une réussite ?

Elle se poursuit aujourd’hui avec la première promotion des étudiants arrivant directement en quatrième année sur concours. Nous avons eu beaucoup de candidatures de toute la France, une tendance qui conforte l’image nationale de Sciences Po Strasbourg. La capacité d’accueil de cette quatrième année a été augmentée de 25 %. 274 étudiants, dont 76 entrés directement en quatrième année, composent cette promotion.

Quels sont les grands projets de votre direction ?

C’est une direction collégiale, qui s’inscrit dans la continuité du travail mené par mon prédécesseur, Gabriel Eckert. Nous allons aujourd’hui nous atteler à réformer le premier cycle. Nos étudiants nous ont fait remonter plusieurs problématiques, comme un volume d’heure trop important, parfois difficilement assimilable, et un système d’examens très lourd. Tout au long de l’année, nous allons réfléchir de manière collective, en associant étudiants, personnels administratifs et enseignants, à différents moments d’échanges. L’objectif serait de varier les formats d’enseignements avec l’aide du distanciel, alléger les contrôles en introduisant un contrôle continu quand c’est possible ou bien en remplaçant certains écrits par des travaux personnels. Pour l’instant, la première année correspond à une juxtaposition de disciplines, notre objectif est de pouvoir proposer un enseignement pluridisciplinaire transversal et thématique.
Une attention particulière est portée aux étudiants fragiles ou en difficulté. Depuis la rentrée, une psychologue va les accueillir pour les orienter vers les services dédiés. Une convention avec les Hôpitaux universitaires de Strasbourg est également à l’étude, pour permettre à nos étudiants de bénéficier des services psychologiques des hôpitaux. Nous organisons également le 19 septembre une journée de sensibilisation au harcèlement pour les responsables associatifs et, en novembre, les Journées de l’égalité pour les premières années. La qualité de vie et d’apprentissage de nos étudiants doit être à la hauteur de la qualité du bâtiment dans lequel nous avons emménagé il y a quelques mois.

L’offre de formation est-elle amenée à évoluer ?

Nous allons démarrer le travail sur la nouvelle offre de formation. Un moment privilégié pour réfléchir à ce que l’on fait mais aussi pour mettre à jour les « trous dans la raquette ». Il y a des secteurs émergents, comme le droit de l’environnement, la finance verte, la règlementation des marchés du médicament, par exemple, pour lesquels il est nécessaire de créer de nouveaux enseignements. Nos étudiants expriment aussi une appétence pour le domaine de l’humanitaire.

L’ouverture continue également à être le fer de lance de l’école.

Elle est sociale, avec le Programme d’études intégrées (PEI). Je souhaite, sur ce point, étendre nos partenariats, avec davantage de lycées. Elle est aussi internationale avec le développement de nos partenariats, notamment avec le monde anglo-saxon. L’ouverture vers l’université est aussi primordiale. C’est un atout indéniable de notre école. C’est une richesse en termes de ressources, pour développer l’interdisciplinarité. Développer nos relations avec les collègues de droit, de sciences économiques mais aussi de sciences sociales, de pharmacie ou encore de philosophie, fait également partie des ambitions de mon mandat.

Propos recueillis par Frédéric Zinck

Photo de une réalisée dans le respect des mesures sanitaires.

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