Université

Les travaux du Planétarium ont démarré

L’arrivée des engins de chantiers marque une étape importante pour ce projet de l’Opération campus, face à l’arrêt de tram Université. D’ici deux ans, c’est un équipement à la pointe de la technologie et de l’accessibilité, niché au cœur d’un jardin arboré, qui sera proposé au public.

Vue du chantier, sur lequel le terrassement a commencé, depuis l'Institut de zoologie.
Vue du chantier, sur lequel le terrassement a commencé,
depuis l'Institut de zoologie.

Ça fait dix ans qu’elle attend ça : Milène Wendling, responsable du Planétarium au sein du Jardin des sciences, service dédié au partage des savoirs, se réjouit de voir le projet de nouvel équipement se concrétiser.

Pour l’instant, le plus visible sur la parcelle close de 6 000 m2 entre le boulevard de la Victoire et la rue de l’Université, le Musée zoologique, et l’Institut de géologie, c’est la mise à nu du terrain, « nécessaire pour commencer le terrassement, préalable à la réalisation des fondations », précise Florent Prost, en charge de la conduite de l'opération à la Direction du patrimoine immobilier (DPI). « La première étape va être l’installation de la base vie du chantier, les semaines à venir. »

Une joie toutefois teintée d’amertume car cet été, l’abattage d’arbres pour construire le bâtiment (sur un sixième de la superficie totale) n'est pas passé inaperçu. « Quatre grands arbres ont dû être abattus, au grand désarroi des riverains, concède Milène Wendling. Trois zones de végétation, dont un magnifique hêtre pourpre, ont pu être sanctuarisées, résultat d’un travail de concertation avec le Jardin botanique voisin. Et au final, ce sont surtout des broussailles et bambous qui ont été enlevés », nuance la responsable du Planétarium.

Porte d’entrée vers les étoiles

Surtout, l’ancienne friche, utilisée comme parking et fermée au public, va se transformer en véritable « porte d’entrée vers les étoiles, ouverte sur la ville ». Exit l’équipement vétuste « casé » dans les années 1980 dans une salle exiguë de l’Observatoire astronomique – qui récupère du même coup une belle surface pour ses bureaux de chercheurs.

Milène Wendling et Florent Prost. L'Unistra est la seule université française à exploiter ce type d'équipement.
Milène Wendling et Florent Prost. L'Unistra est la seule
université française à exploiter ce type d'équipement.

Le Planétarium nouvelle génération, équipé de projecteurs numériques et d’un simulateur astronomique, pourra accueillir 138 spectateurs (contre 62 actuellement), sous son dôme doté d’un écran de 15 m. La salle inclinée offrira « aux spectateurs, installés sur des sièges répartis en gradins, une véritable expérience immersive », imagine déjà Milène Wendling. « Ils regarderont tous dans la même direction, alors que dans la salle actuelle, concentrique, ils ont tous un point de vue différent. De quoi simplifier la tâche de l'équipe de médiation ! » Avec ce bâtiment conçu pour son équipement, et non l’inverse, « on renoue avec la tradition allemande, celle de l’Observatoire astronomique, construit autour de la grande lunette », apprécie Milène Wendling. 

On accèdera au bâtiment en forme de cône tronqué du Planétarium par un bâtiment adjacent, dédié à l’accueil du Jardin des sciences. Regroupant billetterie, cafétéria, boutique et salle polyvalente, permettant notamment d’accueillir les scolaires, cet espace cylindrique constituera une vitrine de la riche offre muséale alentour (musées de minéralogie, de sismologie, zoologique, etc.). Le tout intégré dans un écrin de verdure : un jardin arboré de 5 000 m2, cheminement de la clairière au sous-bois (une trentaine d'arbres, reflets de la biodiversité locale, seront replantés).

Le double bâtiment au bardage de bois brûlé, vu depuis le boulevard de la Victoire. Crédit : Frenak + Jullien architectes
Le double bâtiment au bardage de bois brûlé, vu depuis
le boulevard de la Victoire. Crédit : Frenak + Jullien architectes

Technicité et contraintes

Florent Prost détaille la technicité de l’opération de construction des deux bâtiments imbriqués : « Le Planétarium sera d’abord construit autour de son cœur, la salle de projection, structurée autour d’un dôme métallique ». Les contraintes sont nombreuses, entre l’installation des équipements techniques, et notamment du système de refroidissement en sous-sol, la nécessité d’une acoustique parfaite et une circulation de l’air millimétrée, pour éviter toute poussière sur l’écran. Bon point pour le projet : « Sa conception intègre des sens de circulation pour le public », alors même que les plans ont été réalisés avant la crise sanitaire. La dimension environnementale n’est pas oubliée, avec l’utilisation d’une essence locale pour la structure bois du bâtiment et le bardage extérieur, d’apparence « volcanique » en bois brulé, pour une durée de vie prolongée. 

Milène Wendling entrevoit déjà les possibilités presque infinies offertes par ces nouveaux espaces : « Offrir au public des séances de sensibilisation au ciel étoilé en extérieur, multiplier les collaborations artistiques, de recherche et de formation, rendre accessibles au public les données de recherche », à l’image du projet L'astronomie en partage (lire encadré). Conçu de plain-pied, l’équipement sera enfin accessible aux Personnes à mobilité réduite (PMR). La directrice du Planétarium souhaite aussi « l’ouvrir davantage aux étudiants, ainsi qu’aux touristes, car les animations proposées seront multi-langues ». La réouverture des deux portails présents dans les clôtures historiques, côté zoologie, permettra à tous, riverains, promeneurs, piétons, cyclistes, de relier boulevard de la Victoire et rue de l’Université, cheminant dans le parc arboré conçu selon la configuration de constellations. Le nez au vent, la tête dans les étoiles…

* Travaux financés dans le cadre de l’Opération campus par l’Etat (7,830 millions d’euros), le Fonds européen de développement régional (Feder) délégué à la Région Grand Est (1 million d'euros) et l’Eurométropole de Strasbourg (500 000 €), pour un montant total de 9,330 millions d’euros

Les données de la recherche en partage

Une première mondiale s’est déroulée en catimini cet été : « Un format permettant la projection des données archivées et documentées par le CDS (Centre de données astronomiques de Strasbourg) sur l’écran du futur Planétarium a été trouvé », se félicite Milène Wendling. Une prouesse technique de mise en compatibilité des données de recherche avec les systèmes de projection en Planétarium due au travail du prestataire des équipements (E&S), des ingénieurs du CDS et de Benjamin Rota, du Jardin des sciences. La data visualisation laisse espérer pour l’avenir « de nombreuses collaborations fructueuses, avec les chercheurs mais aussi pour la formation, et d’accès pour le public aux milliers de données recueillies par le CDS ». A l’avenir, on peut aussi imaginer que les autres planétariums dans le monde se saisissent de ce nouvel outil facilitateur de dialogue entre le public et les scientifiques. Le projet, intitulé Astronomie en partage : les données scientifiques au cœur du Planétarium, a bénéficié de crédits Idex Université & Cité.

Le projet en images

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