Focus

Douze actions pour le développement durable et la responsabilité sociétale

Christian Brassac
Christian Brassac

Les établissements associés du site Alsace viennent d’adopter leur schéma directeur Développement durable et responsabilité sociétale (DD&RS) pour la période 2020-2024. Douze actions très concrètes, à mettre en œuvre dès la rentrée 2020. Le point avec Christian Brassac, responsable du comité de pilotage du schéma.

Comment définissez-vous le schéma directeur DD&RS ? Quel est son périmètre ? Quel est son contexte ?

Ce schéma propose une série d’actions qui mêlent inextricablement développement durable et responsabilité sociétale. C’est-à-dire d’une part, les problématiques de sobriété énergétique, gestion des déchets, nourriture biologique et circuits de distribution courts, qualité environnementale dans les marchés, éco-responsabilité des manifestations ; et d’autre part, bien-être et santé au travail, risques psychosociaux, égalité-parité, violences sexuelles, sexistes ou homophobes, etc. Cette imbrication est très importante à nos yeux car il s’agit de problématiques indissociables. Nous ne voulons pas, par exemple, qu’un étudiant puisse dire « Je veux bien prendre mon vélo pour l’environnement, mais l’égalité femmes-hommes, ce n’est pas mon problème ».

Ces douze actions s’appliquent au périmètre du contrat de site alsacien de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR)*. Il est doté d’un budget qui s’élève à près de 200 000 €. Les actions adoptées s’inscrivent dans l’agenda 2030 de l’Organisation des Nations unies et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD), qui est lui-même décliné par la France, puis par le milieu de l’ESR.

Je précise que bien sûr, chaque établissement sera libre d’appliquer ou non les actions préconisées par le schéma, selon ses propres objectifs et priorités et selon ses moyens économiques également.

Quelles sont ces actions et qu’est-ce qui les caractérise ?

Ce sont douze actions simples, pragmatiques et de bon sens, qui ne demandent pas des investissements très lourds. Comme expliqué précédemment, elles sont toutes construites autour des deux « pieds », développement durable (DD) et responsabilité sociétale (RS). Je ne peux pas toutes les citer, mais je vais prendre quelques exemples. Le télétravail est un mode d’organisation qui allie des bénéfices en DD (pas de déplacement) et en RS (qualité de vie au travail). Mais pour certaines personnes, il n’est pas vraiment envisageable car les conditions ne sont pas réunies à la maison pour télétravailler. Nous proposons alors la création de tiers-lieux dans des locaux universitaires (à Haguenau ou Sélestat par exemple), ou via la participation à des tiers-lieux déjà opérationnels à proximité des domiciles des personnes concernées. De la même manière, nous proposons de travailler à la compensation carbone des déplacements des enseignants-chercheurs qui sont de grands voyageurs par nécessité (15 à 20 tonnes de CO2 par an, contre 8 tonnes pour un « Français moyen »). L’Engees le fait déjà pour les stages à l’international de ses étudiants, en plantant des haies vives au lycée agricole d’Obernai. C’est une démarche d’autant plus symbolique qu’elle est novatrice dans le milieu de l’ESR.

Enfin, nous avons mis en place avec le Crous (qui a été invité à se joindre à la démarche bien qu’il ne soit pas signataire du contrat de site) un système de recyclerie pour le petit électroménager abandonné chaque année par les étudiants qui quittent les résidences universitaires pour retourner chez eux à l’autre bout de la France ou à l’étranger. Un container spécial sera mis à disposition des étudiants en fin d’année universitaire, pour qu’ils puissent y déposer leurs objets. Réparés par Emmaüs au cours de l’été, ces objets seront revendus à bas coût aux étudiants entrants à la rentrée suivante.

Comment avez-vous fonctionné au sein du comité de pilotage ?

Nous avons d’abord posé une philosophie autour de quatre principes intangibles : la subsidiarité (on ne va pas faire à la place des établissements), la transversalité, le collectif et le pragmatisme. Nous avons aussi appuyé notre action sur des partenariats dans et en dehors de l’ESR. Je dois d’ailleurs préciser que partout nous avons reçu un accueil enthousiaste. Reste à passer à l’action !

Caroline Laplane

* Les établissements du contrat de site : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU), École nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg (Engees), École nationale supérieure d'architecture de Strasbourg (Ensas), Haute école des arts du Rhin (Hear), Institut national des sciences appliquées de Strasbourg (Insa), Université de Haute-Alsace (UHA) et Université de Strasbourg (Unistra)

Christian Brassac, « Monsieur DD&RS »

Christian Brassac est chargé de mission à l’Engees, qui l’a mis à disposition du site Alsace pour mener ce travail d’élaboration du schéma. L’école est très avancée depuis longtemps sur les questions de DD et RS. Elle a été l’un des dix premiers établissements français de l’ESR à obtenir le label DD&RS.

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