Focus

A l’écoute des futurs soignants pendant la crise du coronavirus

Des étudiants s'exercent à l'intubation. Crédit : Unisimes.
Des étudiants s'exercent à l'intubation. Crédit : Unisimes.

Etudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, futurs professionnels diplômés mais déjà sur le terrain, ils ont aussi été en première ligne dans la lutte contre le virus SARS-Cov2. Parce qu’ils prennent soin des autres mais ont aussi été éprouvés, l’Unité de simulation européenne en santé (Unisimes) a repositionné ses activités pour, notamment, leur offrir une oreille attentive à travers un soutien psychologique.

« Nos étudiants ont vocation à soigner, mais pour certains l’entrée dans ce rôle ces dernières semaines s’est fait de manière très rapide. Ils ont fait leur devoir lors de la crise du coronavirus, et de façon très volontaire. Mais pour certains, cela a été éprouvant sur les plans physique et psychique. » Pierre Vidailhet, qui dresse ce constat, est Professeur des universités - Praticien hospitalier (PU-PH) à la Faculté de médecine. Psychiatre, il coordonne aussi avec le docteur Gilles Mahoudeau la plateforme Unisimes.

En utilisant la simulation comme outil pédagogique et avec pour devise « Jamais la première fois sur le patient », cette unité de la Faculté de médecine a vu ses activités de formation s’arrêter au 17 mars, à la fermeture de l’université. Son repositionnement a été rapide. « Il était normal que l’université envoie un signal positif à ses étudiants, en leur offrant un soutien dans cette période inédite », poursuit Pierre Vidailhet. Ce soutien s’est notamment traduit par le repositionnement des activités d’Unisimes, aux côtés de plusieurs autres initiatives prises par la faculté.

Ligne verte

« En tant qu’ingénieur, j’ai travaillé plusieurs journées et même un week-end à une application de reroutage des appels téléphoniques », explique Victor Gasia, membre de l’équipe Unisimes. Le principe est simple : en combinant les plannings de professionnels de l’écoute - psychiatres, psychologues - et de bénévoles d’associations de vocation analogue, les étudiants ont bénéficié d’une écoute au bout du fil, sur des créneaux dédiés. La ligne verte a été opérationnelle dès le 24 mars. Plusieurs étudiants en santé ont eu recours au service. « Mais ce qui compte, ce n’est pas leur nombre, estime Pierre Vidailhet. Nous avons été là pour ceux qui en ont eu besoin, et le fait de savoir que la possibilité existait a agi de manière réconfortante pour d’autres, c’est certain. » Le service s’est poursuivi encore cette semaine (du 1er au 7 juin).

Ce soutien s’est également traduit par la réorganisation, elle aussi conduite par Victor Gasia, des outils numériques d’Unisimes. A distance, les étudiants ont pu débriefer et analyser leurs actes et les situations auxquels ils ont été confrontés avec des soignants - enseignants seniors, connectés depuis les locaux de l’unité de simulation.

Covipsy

Ces adaptations ne sont qu’une facette du redéploiement d’Unisimes pendant la crise de la Covid-19, tout au long des mois de mars, avril et mai. Pierre Vidailhet a pris la tête de Covipsy. Objectif de ce dispositif d’ampleur : offrir un soutien médico-psychologique non seulement aux étudiants en santé, mais aussi aux soignants des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et du département, ainsi qu’à la population du département dans son ensemble.

Un dispositif d’entraide à large échelle dans lequel les étudiants en santé se sont aussi investis, au service des soignants éprouvés : ils ont assuré l’accueil dans les trois salles de détente ouvertes à leur attention au Nouvel hôpital civil (NHC), à l’hôpital de Hautepierre et à celui de la Robertsau. « Leur présence a été très appréciée. La conviction et l’implication dont ils ont fait preuve faisaient plaisir à voir », reconnaît Pierre Vidailhet.

Les ressources de l’Unisimes, tant matérielles que ses formateurs, ont encore été redéployées pour répondre aux urgences du moment : formation aux gestes adaptés en réanimation (mise en décubitus ventral, intubation difficile) ou encore à certaines techniques innovantes de détection de la maladie, comme l’échographie. Directement sur les sites des HUS, au plus près des besoins.

E. C.

Diaporama : une reprise échelo... Changer d'article  Quelle rentrée pour 2020 ?