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Ma vie de télétravailleur Unistra

Le télétravail ? Avant la crise du coronavirus et la fermeture de l’université, ils pratiquaient déjà… ou pas ! Une chose est sûre, tous découvrent le télétravail à 100 %. Sans vocation d'exhaustivité ou de généralisation, ils nous livrent leur ressenti.

Carine Jeangeorges, conseillère à la réussite à l'Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip)

Vos conditions de télétravail ?
J'ai de très bonnes conditions de travail vu que j'ai une pièce au calme destinée à mon travail, et que j'ai la chance d'être à la campagne.

Les points positifs ?
Faut pas se mentir : pouvoir travailler en pyjama ou jogging c'est agréable ; de plus je ne perds plus de temps dans les transports en commun, ce qui me permet d'avoir plus de temps pour des choses essentielles pour le bien-être comme le sport et la méditation.

Les points négatifs ?
Ne plus voir et échanger avec mes étudiants et collègues en présentiel est certainement ce qui me manque le plus. 

Et pour la suite ?
Ma résidence principale étant dans les Vosges, cette façon de travailler est idéale pour moi (moins de frais en logement et transport) et avec les outils technologiques que nous avons à portée de main, ce serait dommage de ne pas en profiter (ça, ça doit être mon côté américain qui émerge !).

Clémence Kelche, chargée d’affaires au Pôle unique d’ingénierie (PUI)

Vos conditions de télétravail ?
Le télétravail se fait pour ma part dans de bonnes conditions. Un coin bureau partagé a fait son apparition dans le salon, avec le matériel informatique nécessaire pour travailler à distance. L'indispensable pour assurer la continuité de mes missions se résume à un ordinateur et une bonne connexion internet.

Les points positifs ?
Le développement d'outils innovants et l'adaptation des pratiques de travail pour assurer le maintien des activités qui pourront être utiles au-delà de cette période.

Les points négatifs ?
Le manque indéniable de contacts humains, même si les alternatives numériques permettent de tisser des liens virtuels.

Et pour la suite ?
Mes conditions actuelles me permettent de poursuivre le télétravail le temps qu'il faudra, malgré l'envie évidente de regagner les bureaux et retrouver ses collègues. Difficile de s'avancer beaucoup plus sur la suite… « Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible » affirmait Saint-Exupéry.

Edouard Laroche, professeur et directeur adjoint à la Faculté de physique et ingénierie

Vos conditions de télétravail ?
Je n’ai pas l’impression que cela change beaucoup sur le fond : accompagner les étudiants dans leur apprentissage. Idem pour les doctorants. Le plus compliqué est que j’utilise la table du balcon : un petit déménagement est à prévoir pour avoir la chance de prendre son repas au soleil !

Les points positifs ?
Comme toute crise, c’est l’occasion de sortir de la routine et de repenser les fondamentaux du métier. Du coté enseignement, j’en ai profité pour développer mes compétences sur les tests en ligne et les vidéos. De plus, cela a été une occasion de brainstormings intensifs avec les collègues. Il y a eu une belle dynamique à la faculté. 

Les points négatifs ?
Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps car nous sommes des êtres sociaux qui ont besoin de voir leurs pairs. En plus, la visio marche bien avec les personnes qu’on connait déjà, mais ce n’est vraiment pas idéal pour intégrer un nouveau collègue. 

Et pour la suite ?
J’avais déjà tendance à passer une partie de mon temps en télétravail. De mon côté, ça restera sans doute. Mais les compétences acquises et les outils développés ne seront pas perdus : je pourrai proposer davantage de ressources en ligne à mes étudiants. 

Cathie L’Hermite, responsable de communication, Télécom physique Strasbourg

Quelles sont vos conditions de télétravail ?
Bonnes, les outils accessibles en ligne, des échanges électroniques quotidiens avec mes collègues et des visio régulières avec la direction me permettent de maintenir une communication de qualité pour mon école.

Les points positifs ?
En priorité, j'apprécie l'économie quotidienne du trajet (temps, stress, pollution), ensuite, la possibilité d'aménager un peu plus souplement ma journée (pause méridienne plus longue, travail plus tardif en soirée), enfin une meilleure efficience en pouvant m'isoler, sans interruptions fréquentes (appels téléphoniques, visites de collègues, enseignants ou élèves pour demandes « prioritaires »).

Les points négatifs ?
Je regrette une perte d'informations, les messages officiels se concentrent sur l'essentiel alors que les rencontres informelles permettent d'avoir une vision globale sur les activités des services, des associations étudiantes, des activités des enseignants-chercheurs et sont plus conviviales.

Et pour la suite ?
Si ma direction m'en donne la possibilité, j'aimerais partager ma semaine d'activité entre une présence sur site et le télétravail.

Nathalie Heider, contrôleuse de gestion à la Direction de la recherche et de la valorisation

L'assistante de Nathalie Heider
L'assistante de Nathalie Heider !

Vos conditions de télétravail ?
Mon activité 100 % sur ordinateur est parfaitement adaptée au télétravail, si ce n'est d'un point de vue purement logistique, où ne disposer que d'un seul petit écran au lieu de deux grands est un vrai challenge…

Les points positifs ?
Je dirais un gain de temps appréciable en raison des trajets en transport en commun et la souplesse des horaires.

Les points négatifs ?
J'en vois plusieurs, en particulier, du point de vue social : les échanges avec les collègues sont très rares, pour ne pas dire inexistants par moment. L'absence de moments conviviaux exacerbe le constat du peu d'interaction entre mon activité professionnelle et celles de mes collègues. Les échanges se réduisent au strict nécessaire avec la hiérarchie. Et également le sentiment parfois que l'organisation professionnelle « envahit » mon espace personnel, par exemple mon salon se transforme chaque jour un peu plus en bureau.

Et pour la suite ?
Mon cœur balance pour le moment, mais il est probable que je reconsidérerai le télétravail d'un œil plus favorable.

Bernard Strauss, directeur adjoint, Service universitaire de l’action culturelle (Suac)

Vos conditions de télétravail ?
Plutôt satisfaisantes en termes d'équipement informatique, de services numériques et d'espace de travail.

Les points positifs ?
Adoption d'un nouveau rythme de travail productif, laissant la place à l'introspection et à l'adoption de petits rituels anti-routine (pauses, sport, lecture, hydratation régulière, cuisine).

Les points négatifs ?
Manque de mobilité, isolement, manque d’interaction avec les collègues, droit à la déconnexion peu respecté en soirée...

Et pour la suite ?
Le télétravail (hors situation actuelle) demeure un dispositif vertueux que je ne souhaite pas pour autant adopter dans un avenir proche.

Hélène Monot, chargée de mécénat à la Fondation Université de Strasbourg

Vos conditions de télétravail ?
Je me suis installée dans la chambre de mon fils pour pouvoir suivre ses devoirs chaque matin.

Les points positifs ?
Même à distance, le travail d’équipe au sein de la fondation a très bien fonctionné pour collecter des dons pour les Hôpitaux universitaires ainsi que pour le fonds d’urgence pour les étudiants.

Les points négatifs ?
Les rencontres inhérentes à notre métier me manquent.

Et la suite, vous l'envisagez comment (davantage de télétravail, plus du tout) ?
Du télétravail de manière ponctuelle, si possible sans avoir à jouer à la maîtresse !

Cécile Prin, secrétaire médicale et assistante de direction au Service de santé au travail (SST)

Vos conditions de télétravail ?
Je ne dispose pas d'un ordinateur de l'université car il n’y en a pas assez. J’utilise donc mon ordinateur personnel.

Les points positifs ?
Il y en a tellement qu'en une phrase cela est presque impossible. On a moins de stress et on va à notre rythme.

Les points négatifs ?
Il n’y en a que quelques-uns, comme il faut rester rigoureuse et garder un rythme stable et ne pas se laisser facilement distraire.

Et pour la suite ?
J'estime que faire une journée par semaine en télétravail serait très bénéfique pour l'université. Cela réduirait le stress des agents.

Julien Veret, responsable du Bureau de la formation continue des personnels de la Direction des ressources humaines (DRH)

Vos conditions de télétravail ?
Etant seul chez moi, mes conditions sont plutôt bonnes. Quelques jours ont été nécessaires pour réussir à accéder aux dossiers partagés, mais la continuité de service est maintenant pleinement assurée.

Les points positifs ?
Le principal point positif est le calme. Il est également dû au changement complet de l'activité dans cette période particulière. J'en profite pour écouter beaucoup de musique.

Les points négatifs ?
C'est clairement le manque d'échanges directs avec les différents interlocuteurs et avec mon équipe.

Et pour la suite ?
Au retour à la normale j'envisage de retrouver mon bureau à plein temps. Je réfléchirai peut-être à un jour de télétravail hebdomadaire ensuite, mais pas dans l'immédiat.

Martine Arro, assistante au cabinet de la présidence

Vos conditions de télétravail ?
Nouveauté pour moi, mais cela change énormément mon quotidien.

Les points positifs ?
Gain de temps pour me rendre sur mon lieu de travail (plus de bouchons). Moins de stress.

Les points négatifs ?
Manque de contact avec les collègues et les vice-présidents. Moins d’accessibilité aux dossiers et informations générales.

Et pour la suite ?
Je l'envisage pas mal mais uniquement un seul jour de la semaine, pas au-delà.

Muriel Aubeneau, responsable de la communication à l'École européenne de chimie, polymères et matériaux (ECPM)

Vos conditions de télétravail ?
Comme tout s'est organisé dans la précipitation, je me suis bricolé un espace de travail avec les moyens du bord, mais je ne suis pas trop mal installée. En plus mon temps de trajet s'est considérablement réduit : je suis passée de 10 km à 30 cm de mon lit, ce n'est pas négligeable !

Les points positifs ?
A distance et au calme, je peux me concentrer plus longuement sur un dossier et adapter un peu plus mon temps de travail à mon horloge interne.

Les points négatifs ?
Du fait qu'il s'agit d'un télétravail à temps plein, je souffre un peu du manque de relations directes avec mes collègues et avec les étudiants. Entendre leur voix au téléphone et voir leur visage en mode stroboscope sur mon écran ne me suffit pas. Et puis, j'ai laissé mon Communicator, la bible du communicant, au bureau.

Et pour la suite ?
J'avais déjà prévu de recourir au télétravail (j'avais d'ailleurs suivi la formation proposée par la DRH) sur une journée dans la semaine. Je le ferai certainement l'année prochaine, mais avec de vraies conditions de télétravail : une vraie chaise de bureau et un repose-pied, par exemple.

Michèle Lambert, responsable communication Programmes Grande Ecole et Bachelors à l'EM Strasbourg

Vos conditions de télétravail ?
J'ai des conditions très correctes, grand écran, salon agréable et luminosité. J'entends les oiseaux chanter. Mes missions me permettent de télétravailler facilement.

Les points positifs ?
Gain de temps : plus de trajets domicile-travail, on va à l'essentiel sur les différents projets, beaucoup moins de réunions, moins de dispersion. J'ai la sensation de maîtriser mieux mon planning.

Les points négatifs ?
Plus de vie sociale au travail, ne pas voir mes collègues adorés en vrai, est le plus difficile. Sensation d'isolement parfois. Zoom et autres visioconférences fatigantes. Difficile quelquefois de concilier télétravail et « télécollège » avec deux ados confinés... 

Et pour la suite ?
Je n'avais jamais télétravaillé auparavant. Je le souhaite et on me le proposera très certainement. Cette crise sanitaire nous imposera à tous de repenser notre manière de travailler.

Ghislain Auclair, coordinateur du réseau Fab Lab et chargé de mission au Pôle entrepreneuriat étudiant (Etena) de la Direction de la recherche et de la valorisation

Vos conditions de télétravail ?
Plutôt bonnes ! Je suis assis dans notre salon, près de la baie vitrée qui donne sur la forêt d'Illkirch au 4e étage. Et puis j'ai ma femme et le chat pas loin... Côté boulot, la motivation est maintenue, tout comme nos horaires. Nous sommes en contact continu avec l'équipe Etena via Atolia (plateforme que nous utilisions déjà depuis 2019) et aussi nos étudiants-entrepreneurs et d'autres membres de l'écosystème qui l'utilisent aussi !

Les points positifs ?
Beaucoup finalement ! Pas de temps perdu dans les transports, des rendez-vous et réunions efficaces par visio. Et du coup aussi du temps pour se ressourcer, se ré-organiser, faire de la créativité et trouver de nouveaux moyens d'être efficace au dé-confinement !

Les points négatifs ? 
C'est quand même plus difficile d'aider les étudiants à distance. Et puis le Biotech-Lab qui est fermé alors que beaucoup en ont besoin pour développer leur projet. Le télétravail ne résout pas tout malheureusement...

Et pour la suite ?
A court terme, ce sera toujours du télétravail pour ma part. Mais je ferai en sorte que le laboratoire ré-ouvre progressivement pour que les étudiants continuent leur développement. A long terme, on en reparlera bien sûr, le télétravail n'est pas une mauvaise chose, et ça remet en question le fait de devoir se déplacer pour de petits rendez-vous. Et enfin, j'ai hâte de retrouver mon vélo ! Me rendre au travail en profitant du soleil et passer par des sentiers agréables au retour !

Marine Gaugain, chargée de communication à la Direction des relations internationales (DRI)

Vos conditions de télétravail ? 
J'ai eu la chance de bénéficier de l'appui de la Direction du numérique pour l'installation de mon poste fixe à domicile. La réalisation de mes missions en communication est donc très peu impactée par le télétravail. 

Les points positifs ?
J'ai été agréablement surprise par la réactivité de chacun des services et de leur accompagnement dans mes différents projets, et ce de chez eux. Un gain de temps indéniable : moins de temps de transport, plus de focus sur ses propres missions et réunions plus productives. 

Les points négatifs ?
Certains de mes projets se réalisant en inter-service et avec l'équipe de la DRI, le côté humain et les échanges en face-à-face manquent inévitablement. 

Et pour la suite ?
Une répartition équilibrée entre télétravail et présence au bureau me parait le cocktail vainqueur pour une meilleure productivité.

Mais aussi…

De par leur nature, de nombreuses activités à l’université ne sont pas adaptées au télétravail. Témoignages de deux agents, dont l’un est resté sur site et l’autre a repris cette semaine.

Eric Kartner, agent logé à l’Institut de physique

« Je n'utilise pas le télétravail au sens propre du terme. Côté connexion et matériel informatique, pas de souci. Mes journées pendant la fermeture de l'université se sont axées sur les petites réparations, les rondes de sécurité, sans oublier les soins aux plantes. »

Laurent Godoy, assistant ingénieur en électrotechnique et assistant à l'enseignement au hall de technologie d’Illkirch

« Mon travail consiste à aider les étudiants qui sont en projet "en autonomie" à l'atelier et à m'occuper de l'entretien électrique de nos locaux et de nos machines-outils. Mon poste n'était donc pas éligible au télétravail : je suis resté en Autorisation spéciale d'absence (ASA) pendant huit semaines. J'ai eu la chance de pouvoir passer le confinement dans une grande maison avec jardin, avec mes parents.

Après avoir récupéré de la solution hydro-alcoolique et des masques sur le campus central, j'ai repris le travail mercredi 13 mai. Avec mon collègue, nous alternons : cette semaine je viens le matin et lui l'après-midi, ensuite nous échangerons. La consigne est de limiter au maximum les contacts : quand nous nous croisons nous parlons de loin et l'atelier est fermé à clé. Après avoir été confiné à la maison, on est confinés au travail ! En l'absence des étudiants, je réceptionne le matériel qui avait été commandé pour leurs projets. Je planifie aussi la réorganisation de l'atelier qui était prévue, mais pour la mettre en œuvre il va bien falloir que l'on soit plusieurs... »

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