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Immersion complète dans le hockey sub

Crosse, gant, bonnet, tuba protège-dents... Les accessoires indispensables du hockeyeur subaquatique.
Crosse, gant, bonnet, tuba avec protège-dents...
Les accessoires indispensables du hockeyeur
subaquatique.

Même s’il ne s’y est mis que depuis quelques mois, Melvin Mercier s’immerge à fond dans la pratique du hockey subaquatique. Un sport encore confidentiel mais très complet, que l’étudiant en première année de double licence Physique et sciences de la Terre nous présente.

Pour Melvin Mercier, 18 ans, qui n’avait jamais porté ni masque, ni tuba, ni palmes il y a encore huit mois, la découverte du hockey subaquatique a été totale. « J’aimais aller nager seul, à la piscine de Schiltigheim. Ça m’a plusieurs fois intrigué de voir ce gars pousser un palet au fond de la piscine : je lui ai demandé ce qu’était son sport. » Fini de compter les carreaux en ligne droite : Melvin s’initie alors à un sport collectif exigent, qui se joue en trois dimensions. Autour d’un palet lesté d’1,3 kg, deux équipes de six membres, munis de courtes crosses, s’affrontent au fond de l’eau, en apnée, avec pour but final de marquer le plus de buts.

Dans le bain

« Mêlée » de hockeyeurs, au fond de l'eau en apnée, autour du palet.
« Mêlée » de hockeyeurs, au fond de l'eau
en apnée, autour du palet.

Initiation, participation aux entraînements, rencontres amicales face au club voisin (et très aguerri !) d’Heidelberg, apprentissage de gestes techniques – dont la maîtrise de certains, comme le shoot, nécessite plusieurs semaines… Ainsi se traduit la plongée de Melvin dans le bain du hockey subaquatique. Il a beau être alors en plein passage du baccalauréat et doté d’un matériel qu’il doit d’abord apprendre à maîtriser, l’activité le séduit. « Ça requiert à la fois des qualités d’explosivité, avec autant d’apnées successives que d’actions, mais aussi de la tactique et de la technique. » Sans oublier la vitesse et la réactivité. Durant les matchs en deux mi-temps de onze minutes, les actions de haute intensité s’enchaînent, en mêlées grouillantes et tumultueuses, façon meutes de requins prêtes à tout pour s’emparer du palet.

Depuis la rentrée, les échéances se sont multipliées pour Melvin et ses coéquipiers des Cams*. D’autant que l’équipe s’est bien étoffée en un an – ils sont désormais 27, et une section enfants a aussi récemment été créée. Pour Melvin, déjà huit déplacements depuis le début de la saison, de Montluçon à Nogent-sur-Seine, pour des tournois amicaux avec des clubs du Grand-Est, et même Prague et Berlin pour des tournois internationaux, une sélection en équipe Grand-Est, pour participer au championnat de France des régions, et une formation d’arbitre. Pas mal, pour un néophyte !

Melvin (au deuxième rang, à droite) et l'équipe Grand Est, qu'il a récemment intégrée.
Melvin (au deuxième rang, à droite) et l'équipe masculine
du Grand Est, qu'il a récemment intégrée.

Ambition

« Au championnat du Grand-Est, où notre équipe féminine a décroché une belle 2e place (qualificative pour le championnat de France), nous n’avons pas démérité. » Hors des terrains aquatiques, Melvin s’investit aussi dans la vie de son club, en endossant depuis peu la responsabilité de la gestion du matériel. 

Davantage que des résultats, cette année, l’objectif était de stabiliser l’équipe et de la faire gagner en confiance et en technique. Melvin s’y emploie aussi : il a motivé Gabin, un copain de lycée, à les rejoindre. Lui qui, plus jeune, a pratiqué le handball, avoue préférer évoluer en collectif sous l’eau : « Il faut réussir à comprendre l’autre sans la parole, par les gestes, le regard. Ça amène à se connaître très rapidement ! » La composition hétérogène du groupe, de 18 à 50 ans, amène les joueurs à développer une certaine complémentarité. Melvin, qui ne peut compter sur « une carrure de déménageur » pour réaliser « des passages en force », comme il s’en amuse, préfère faire porter ses efforts sur la technique et la vitesse. Et garde dans un coin de la tête, avec Gabin et Victor, qui évoluent dans la même catégorie d’âge, cet objectif un peu fou : être sélectionnés en U24 (moins de 24 ans) au niveau international. « Ça peut paraître ambitieux, mais quand on sait qu’on est 3 000 licenciés en France… c’est jouable ! »

  • Pour rejoindre l’équipe : rendez-vous tous les jeudis soirs, à 19 h 45, à la piscine de Schiltigheim (un maillot de bain suffit)

E. C.

* L’activité est rattachée au club de plongée du CAMNS

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