Université

Nouveaux horizons pour la licence

Légende photo : Benoit Tock, vice-président Formation et Ivana Kovacic, coordinatrice du projet Include
Benoit Tock, vice-président Formation et Ivana
Kovacic, coordinatrice du projet Include

S’adapter à l’étudiant, décloisonner les disciplines, personnaliser les parcours, raisonner par compétences… Ce sont les maîtres-mots d’Include. Un grand projet piloté entre autres capitaines par la Direction des études et de la scolarité (DES) et l’Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip). Avec pour cap la réussite étudiante, dans le sillage de la loi ORE et de l’arrêté licence de 2018.

Qu’est-ce qu’Include ?
Benoit Tock, vice-président Formation :
Include, pour « Inventer les cursus de licence de l’université de demain », est le projet de l’Université de Strasbourg, lauréat de la deuxième vague de l’appel à projet « Nouveaux cursus à l’université » (NCU) du Programme investissements d’avenir (PIA) 3, en juillet 2018, aux côtés de 19 autres projets en France. Il est doté de 8,2 millions d’euros, sur dix ans.
Ivana Kovacic : J’ai été recrutée en mai dernier, pour m’assurer du bon avancement des leviers identifiés (lire encadré), en coordination les uns avec les autres. Chaque levier étant décliné en actions, une vingtaine au total.

Pourquoi ce projet ?
B. T. : L’objectif premier reste d’améliorer la réussite dans leurs études et l'insertion professionnelle de nos étudiants de licence [25 000 actuellement, ndlr], avec pour constat de départ que seulement 34 % poursuivent en deuxième année (pour le reste : réorientation, redoublement, sortie).
Notre projet, élaboré avant la sortie de l’arrêté licence, s’inscrit dans la droite ligne de ce texte et de la loi ORE : personnalisation accrue des parcours, adaptés aux spécificités de chaque étudiant ; évaluation continue intégrale…

Comment met-on en œuvre ces objectifs ?
B. T. : L’un des gros chantiers est de repenser l’approche de la licence par compétences, afin de favoriser les passerelles entre parcours. Exemple : un étudiant qui a réussi sa première année en sociologie et souhaite continuer en L2 Géographie. Aujourd’hui ce n’est pas facile, car les disciplines sont jugées trop éloignées. Or, si l’on considère qu’en L1 l’étudiant a acquis un certain nombre de compétences (analyse, synthèse, capacité à raisonner dans le temps, etc.) transposables à sa L2 dans une autre discipline, cela devient possible. L’outil numérique nous est alors utile pour combler ses lacunes disciplinaires. Tout le travail va être de définir les dénominateurs communs des formations : les grands écarts ne vont évidemment pas devenir possibles ! On espère avoir terminé cette mutation pour l’offre de formation 2023.
Une autre piste consiste à proposer davantage de parcours pluridisciplinaires, le modèle disciplinaire étant aujourd’hui dominant à l’Unistra. Demander tôt à nos étudiants de se spécialiser, eux qui ont parfois des idées préconçues sur les disciplines, est facteur d’échec. En leur proposant des licences pluridisciplinaires, on leur laisse le temps d’affiner leur projet, l’orientation est plus progressive (modèle de l’entonnoir).
I. K. : Certains moyens d’action existent déjà, comme les missions professionnelles qui, face au grand succès qu’elles rencontrent, vont être renforcées. A l’Idip toujours, certains dispositifs sont mis en œuvre depuis la rentrée, comme la conseillère à la réussite.
B. T. : On ne part pas de zéro sur la thématique ! Par exemple, une toute petite partie du budget Include est alloué à l’axe Internationalisation, parce que beaucoup est déjà fait par l’établissement grâce à l’Idex.

Vous avez parlé d’une personnalisation accrue des cursus. Ne risque-t-on pas d’introduire des diplômes à plusieurs vitesses ?
B.T. : Non, il est très important de garder un socle commun, et c’est ce à quoi sert le référentiel national commun des diplômes. Sur les compétences, une liste a ainsi été élaborée par le ministère. Mais d’un côté, on offrirait des aménagements comme les parcours « oui, si » aux étudiants en difficulté, et rien aux étudiants qui réussissent et veulent en faire un peu plus ? Il faut s’attarder davantage sur les parcours de réussite, par exemple grâce aux doubles licences, ce que l’on fait trop peu aujourd’hui.

La question de la licence fédère un nombre important d’acteurs à l’université…
B. T. : Logiquement, l’Idip et la DES sont en tête de pont pour prendre part aux modalités d’Include. L’Idip, dont les compétences en ingénierie de formation vont nous être très utiles. Et la DES, qui va notamment plancher sur les contrats pédagogiques. Quant au comité de pilotage mis en place, il est transversal*. Le comité opérationnel s’est déjà réuni plusieurs fois ; le comité stratégique s’est lui réuni la première fois il y a peu.
I. K.
 : D’ici un an, un comité d’usagers nous permettra de faire remonter retours et attentes, utiles notamment vis-à-vis de nos financeurs. Sans oublier nos liens avec d’autres grands projets de l’Unistra, comme Eole pour le portefeuille de compétences.

Elsa Collobert

* Le comité stratégique est composé du comité opérationnel (VP Transformation numérique et innovations pédagogiques, VP Formation, VP délégué Réussite étudiante, VP délégué Insertion professionnelle, représentants d'Espace avenir, de la Mission investissements d'avenir, de l'Idip, de la DES, un Directeur général adjoint et coordinateur Include) + VP Formation tout au long de la vie, VP Vie universitaire, un représentant par collegium, cinq représentants de la CFVU (pour le collège étudiant, enseignant et Biatss) et trois représentants d'entreprises (Apec, Eurométropole, Hager Group).

Les axes de travail et les projets d’Include

*Rénovation de la pédagogie universitaire
*Levier 1 : accompagnement des étudiants
Parcours de licence déclinés en compétences, e-portfolio, cellule Certification compétences transversales, évaluation des connaissances et des compétences, accompagnement à la réussite, enrichissement de la plateforme AIR, création de e-tutoriels
*Levier 2 : orientation progressive
Deux licences pluridisciplinaires, passerelles, dispositif « Rebondir »
*Levier 3 : cursus personnalisé
Cursus progressif, doubles licences
*Levier 4 : internationalisation
Préparation d’aide à la mobilité, internationalisation des formations
*Levier 5 : professionnalisation
Missions professionnelles
*Essaimage
Formation et accompagnement des enseignants, aménagement d’espaces d’apprentissage, cellule Evaluation. Un réseau des 19 projets lauréats au niveau national a été créé pour booster cet axe.

 

Le train des réfugiés s'arrête... Changer d'article  Data-centre : opération urbani...