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« L’Inde, partenaire incontournable de ces prochaines années »

Une signature de convention entre l'Unistra  (représentée par Irini Tsamadou-Jacoberger,  vice-présidente Relations internationales) et  l’Indian Institute of Technology Roorkee  (représenté par son directeur adjoint,  Manoranjan Parida), a conclu les trois jours  de workshops.
Une signature de convention entre l'Unistra
(représentée par Irini Tsamadou-Jacoberger,
vice-présidente Relations internationales) et
l’Indian Institute of Technology Roorkee
(représenté par son directeur adjoint,
Manoranjan Parida), a conclu les trois jours
de workshops.

À l’occasion de la venue d’une délégation indienne à Strasbourg, du 23 au 25 septembre, Philippe Turek, vice-président délégué Relations internationales, en charge de la coordination recherche-formation, nous explique en quoi l’approfondissement des liens avec l'Inde est au cœur de la stratégie partenariale de l’établissement.

En quoi ont consisté ces trois jours de workshops ?

A l’invitation de la direction et de la vice-présidence Relations internationales (RI), une délégation de chercheurs et enseignants-chercheurs issus d’institutions indiennes de premier plan ont pu découvrir l’écosystème strasbourgeois et rencontrer leurs homologues. Leurs structures de rattachement – Indian Institutes of Technology (IIT) Roorkee, New Delhi, Bombay, et Madras ; Jawaharlal Nehru University (JNU) New Delhi ; Indian Intitute of Science (IISc) Bangalore -, nous les avons ciblées parce qu’elles font partie du top 10 du pays. Les IIT sont ainsi calqués sur le MIT (États-Unis).
Nous leur avons présenté l’excellence de la recherche strasbourgeoise, les dispositifs d’excellence en matière de formation (Écoles universitaires de recherche), ainsi que nos outils de valorisation et de transfert de technologie.
Le workshop s’est conclu par une signature de convention avec l’IIT Roorkee, destinée à faciliter les cotutelles de thèses.

Philippe Turek
Philippe Turek

Des liens existaient déjà ?

Oui, quelques partenariats bilatéraux, comme c’est souvent le cas, par exemple avec l’École européenne de chimie, polymères et matériaux (ECPM) ou un projet bien avancé de double diplôme à la Faculté de physique et ingénierie. Notre ambition, dans la droite ligne de la politique RI menée par l’Unistra depuis 2017 : structurer ces accords et passer de partenariats bilatéraux à des partenariats de réseau. En conformité également avec la stratégie nationale : Irini Tsamadou-Jacoberger était dans la délégation du président Emmanuel Macron lors du premier Knowledge Summit France-Inde, en mars 2018. Et, dès novembre 2018, nous sommes partis là-bas2, pour évaluer les opportunités. 

Pourquoi l’Inde ?

Cela va au-delà de la simple interrogation « Et pourquoi pas l’Inde ? ». Membre du groupe des BRICS2, mastodonte économique et démographique, l’Inde s’affiche comme partenaire incontournable de ces prochaines années, comme la Chine avant elle (que l’Inde devrait bientôt doubler en termes de population). A Strasbourg, on a décidé d’être précurseur dans nos relations avec le pays. Le contexte géopolitique est favorable, l’Inde tournant ses regards vers l’Europe, après ses partenaires historiques, États-Unis et Royaume-Uni.

Sciences de la vie, génie chimique, physique… Le contenu de ces trois journées était très orienté sciences fondamentales et recherche…
Mon rôle est d’utiliser la recherche comme catalyseur d’accords, à travers les chercheurs, les post-doctorants, pour ensuite essaimer vers la formation. C’est une politique d’excellence, dans un contexte mondial de concurrence entre universités : je l’assume. Mais les sciences humaines et sociales y ont aussi leur place. Elles étaient bien présentes dans le programme, à travers notamment l’Ambedkar University de New Delhi et la JNU, l’université la plus réputée en Inde dans ces domaines.

La langue anglaise est incontournable dans les échanges avec un pays comme l’Inde… Au risque d’une relégation du français ?
Mais c’est le cas pour quasiment tous les échanges internationaux, et l’anglais est la langue universelle en recherche ! Je ne nie pas que cela peut faire débat, mais pour créer de nouvelles formations co-diplômantes, il faut que celles-ci soient en anglais, oui. C’est déjà le cas des formations précédemment citées.

Propos recueillis par Elsa Collobert

1 Le deuxième a lieu les 17 et 18 octobre prochains
2 Délégation composée de : Irini Tsamadou-Jacoberger, vice-présidente Relations internationales ; Valérie Lamour, vice-présidente déléguée Recherche, en charge de l'Interdisciplinarité et des liens recherche-formation ; Jay Rowell, vice-président délégué Recherche en charge de la Structuration des unités de recherche et attractivité ; Rachel Blessig, directrice des Relations internationales et Philippe Turek
3 Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud

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