Université

Valoriser les ressources pédagogiques numériques

Stéphane Salles (DNum) et Sophie Kennel (Idip)
Stéphane Salles (DNum) et Sophie Kennel (Idip)

L’envoi imminent d’un questionnaire aux enseignants des universités du Grand Est est le premier acte du projet « Ouvrir le patrimoine numérique à l’échelle du Grand Est ». Piloté par Sophie Kennel, par ailleurs directrice de l’Institut de développement et d'innovation pédagogiques (Idip), et techniquement mis en œuvre par Stéphane Salles, ingénieur à la Direction du numérique (DNum), ce projet, qui appartient au portefeuille de projets d’Eole, a pour objectif de valoriser et de mettre en lumière les ressources pédagogiques numériques existant dans toute la région, voire au-delà.

Le projet « Ouvrir le patrimoine numérique à l’échelle du Grand Est », concrètement, qu’est-ce que c’est ?

Sophie Kennel : Ce projet consiste à réunir dans un outil unique les contenus pédagogiques disponibles et les mettre à disposition des autres enseignants et des étudiants comme une ressource en libre accès.

Son objectif est double : valoriser les ressources pédagogiques des enseignants qui le souhaitent et développer cet usage de mise en commun des ressources. En effet, les contenus numériques sont nombreux, et souvent de très bonne qualité, mais aujourd’hui leur diffusion est souvent confidentielle, réduite à l’échelle d’un établissement, voire d’une formation. Or, il existe de vrais besoins, du côté des enseignants-chercheurs qui sont très chargés et pourraient gagner du temps en intégrant ces ressources existantes dans leurs enseignements. Et d’autre part, du côté des étudiants, qui pourraient y trouver des compléments à leurs cours.

Quelles sont les formes de ces ressources numériques ? Seront-elles produites pour la plateforme ?

S. K. : La collecte peut concerner tous les formats : cours entiers sur Moodle ou captés en vidéo, Mooc, vidéos pédagogiques, quizz, etc. L’idée est de valoriser l’existant et pas de produire spécifiquement pour la plateforme.

Bien sûr, les enseignants choisiront volontairement de partager leurs ressources en les déposant sur la plateforme. Ils sont les seuls à pouvoir juger de leur « qualité » et de l’intérêt réel à les partager avec d’autres.

Le projet présente-t-il des difficultés techniques ?

Stéphane Salles : La technologie de plateforme existe et n’est pas spécialement complexe. La difficulté principale consiste dans la construction du catalogue afin qu’il permette le référencement des ressources.  Elles peuvent être pléthoriques mais ne trouveront leur public que si elles sont correctement classées et indexées. Il nous faut donc trouver la bonne manière de concevoir ce classement et ensuite, il faudra établir un protocole clair pour les utilisateurs. Il n’est pas forcément facile pour un enseignant-chercheur d’indexer correctement un document numérique. C’est un travail de documentaliste.

Or l’indexation est un point déterminant car, à terme, on aimerait proposer ces contenus à des utilisateurs selon leur profil. Par exemple, un étudiant en marketing se verrait proposer le visionnage d’une vidéo sur une thématique liée au marketing. Plus le profilage sera fin et plus ce sera opportun pour les usagers. Mais profiler finement n’est pas facile.

Quel plus apportera la plateforme par rapport à d’autres objets de dépôt de ressources pédagogiques comme Moodle ?

S. K. : L’avantage de ce nouvel outil, c’est son libre accès. Pour consulter Moodle, il faut un login-mot de passe. Cela limite l’accès aux ressources aux seuls enseignants et étudiants d’un établissement donné. La nouvelle plateforme sera ouverte à la consultation de toute personne intéressée. Elle permettra aussi à d’autres plateformes de « moissonner » ce qui s’y trouve, assurant ainsi un maximum de visibilité à ces contenus.

Concrètement, comment ça démarre ?

S. K. : Nous nous apprêtons à interroger la communauté des enseignants via un questionnaire pour savoir ce qu’ils sont prêts à partager, mais aussi pour mieux connaitre leurs besoins en matière de contenus et en matière de partage de contenus. Cette étape nous permettra d’ajuster le projet aux besoins.

S. S. :  Les réponses nous aideront aussi à mieux concevoir le travail sur le catalogue pour ne pas partir dans un mauvais système de classement et d’entrées.

S. K. : Pour faire suite, nous envisageons aussi d’organiser une journée d’études, au printemps prochain.

Y a-t-il un lien avec les Universités numériques thématiques (UNT) ?

S. K. : Oui, il y a une cohérence avec le travail des UNT. Néanmoins, le système des UNT est différent car il aide à la production de contenus, ce qui n’entre pas dans notre projet. Mais on peut s’appuyer sur leur expertise, notamment sur la question de la propriété intellectuelle, ainsi que sur leurs ressources.

Propos recueillis par Caroline Laplane

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