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Heureux comme un badiste à l'Unistra

L'équipe, championne d'Europe 2018, autour de  l'entraîneur Julien Fuchs (à gauche) : Sashina  Vignes-Waran, Philipp Discher, Thomas Baures,  Nathan Laemmel, Alix Saumier, Rosy Pancasari,  Matéo Martinez et Mathieu Gangloff.
L'équipe, championne d'Europe 2018, autour de
l'entraîneur Julien Fuchs (à gauche) : Sashina
Vignes-Waran, Philipp Discher, Thomas Baures,
Nathan Laemmel, Alix Saumier, Rosy Pancasari,
Matéo Martinez et Mathieu Gangloff.

Même si son nombre de membres évolue selon les années, il est une constante dans l’équipe de badminton universitaire : ses très bons résultats. Après un été 2018 en or massif, c’est quelque peu diminuée qu’elle a défendu sa place aux derniers championnats universitaires. Mais les protégés de Julien Fuchs n’ont pas dit leur dernier mot pour la saison prochaine…

Un titre de champions d’Europe (une première pour une équipe française) en 2018 ; une victoire trois ans de suite aux championnats de France (2016-2018) ; cinq médailles, dont deux en or, ramenées cet été des championnats d’Europe et de France. On peut dire que ces dernières années, l’équipe des badistes strasbourgeois a fait briller les couleurs de notre université dans les différents rendez-vous du sport universitaire.

C’est avec plusieurs joueuses blessées que l’équipe emmenée par Julien Fuchs a abordé les compétitions de l’été dernier, notamment Rosy Pancasari (vice-championne d'Europe universitaire en simple dame en 2018), opérée d’un hallux valgus à chaque pied, et Katia Normand (3e des France seniors en simple dame), opérée des ligaments croisés du genou en février.

Pour autant, les joueurs n’ont pas eu à rougir – loin de là – de leurs résultats : au niveau européen, une médaille d’or en double messieurs pour Matéo Martinez et Fabien Delrue ; le bronze en double mixte pour Sharone Bauer et Fabien Delrue. Et deux titres de champion de France pour le double mixte Matéo Martinez et Sharone Bauer et de vice-championnes de France pour la paire Sharone Bauer et Lyne Brecheteau en double dames. « En finale française par équipes, on échoue de peu (3-2) face à Bordeaux, explique Julien Fuchs. Aux championnats d’Europe, alors qu’on les avait battus en finale l’an dernier, on est défaits par Nottingham et on termine 5es. Les Anglais sont très forts, ils comptent de nombreux joueurs originaires d’Asie dans leurs rangs, où le badminton est sport national dans plusieurs pays. »

Sport paritaire

Pour autant, Strasbourg ne manque pas d’atouts. A commencer, justement, par ses joueuses issues elles aussi d’Asie : Sashina Vignes-Waran, Malaisienne naturalisée française en 2013, qui a emmené l’équipe au sommet en 2018 (photo), et Rosy Pancasari, dans l’équipe depuis quatre ans. Originaire d’Indonésie, où elle était très bien classée, elle est actuellement en licence Maths-Info. Sans oublier les nouvelles recrues, comme Sharone Bauer, originaire de la région… et les garçons, comme Matéo Martinez. Julien Fuchs place ses espoirs en son joueur, à ses côtés depuis quatre ans lui aussi : « On a déjà eu plusieurs titres en équipe, en double mixte et en simple femme, mais jamais en simple homme. » Matéo sait ce qu’il lui reste à faire : « Je vais peut-être me mettre au simple », lâche le Haut-Rhinois à la barbe rousse bien fournie. Rappelons que le badminton est un sport paritaire, le seul aux Jeux olympiques.

Centre d’excellence

Ce n’est sans doute pas un hasard si ces bons résultats arrivent quelques années après la création du Centre universitaire européen du badminton, sous l’impulsion de Gilles Erb, fruit d’une convention entre l’Unistra et la Ligue Grand Est de badminton, dont Julien Fuchs est salarié. La même année, en 2014, l'entraîneur, responsable du Pôle espoir, rejoignait le centre, qu'il dirige aujourd'hui. Des équivalents de cette pépinière de talents existent à Strasbourg dans deux autres disciplines : le judo et le tennis.
De bons résultats permis également par l’encadrement offert aux étudiants par l’université, et notamment les possibilités d’aménagement d’études dans le cadre du dispositif Sportifs de haut niveau*. Matéo bénéficie ainsi d’une dispense totale d’assiduité, et Sharone réalise sa première année de licence en deux ans. « Reste qu’on se sent parfois pris entre deux feux : la nécessité d’assurer nos arrières avec nos études, tout en se donnant à fond dans notre sport mais en nous ménageant pour éviter la blessure », reconnaît Matéo.

« Cette année, nous n’avons jamais compté autant de joueurs bien classés au niveau national », savoure Julien Fuchs, dont la composition de l’équipe varie entre 12 et 15 membres, selon les années. « Ils sont plusieurs à ambitionner une qualification pour les JO 2024. La concurrence est importante cette saison, je vais devoir écarter de bons joueurs pour les compétitions », le nombre de tickets disponibles n’excédant pas dix. « Ça nous permet d’être résolument optimistes pour récupérer nos titres… »

Elsa Collobert

* Financé par les Investissements d’avenir

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