Communauté

Vincent Couturier, artiste multipalettes

Vincent Couturier a l'habitude de dessiner en  situation, dans la rue, des cours de danse... ou  ici sur le campus Esplanade !
Vincent Couturier a l'habitude de dessiner en
situation, dans la rue, des cours de danse... ou
ici sur le campus Esplanade !

Aussi à l’aise sur tablette graphique que papier ; dans l’abstraction que dans la figuration ; sur grand comme petit format ; en couleur ou noir et blanc ; de la main droite comme de la gauche… Vincent Couturier pratique le dessin de façon étonnante et ludique. Et c’est avec humilité qu’il commence à dévoiler son travail au public.

Lignes, traits, aplats, dégradés… Ce sont les outils quotidiens de Vincent Couturier, qu’il manie à la fois dans son travail de graphiste à la Direction des affaires logistiques intérieures (Dali) et en-dehors, lors de ses heures de pratique du dessin.

Son moteur ? « L’étude du mouvement. » Le résultat : des croquis enlevés, « parfois seulement quelques lignes, des fragments » de corps animés. Loin de se cantonner à s’enfermer dans son atelier, Vincent est habitué à dessiner « dans la rue », seul ou avec des amis, « au contact des passants », avec lesquels se nouent des conversations.

Sur son site, le résultat de deux études menées auprès de chorégraphes. « Je suis un habitué des salles de danse », sourit Vincent. Il s’y fait discret, dessinant à même le sol. Dans ses mains : une succession de dessins à l’encre de Chine, véritable décortication dessinée d’une chorégraphie. Si on les fait se succéder rapidement, ils créent l’illusion du mouvement. « On appelle cela un flipbook », explique Vincent, qui a étudié le dessin d’animation.

Ambidextre

En ce moment, c’est à la couleur (pastel) et à l’abstraction que vont ses préférences. « Je me laisse guider par mon ressenti pour exécuter des hachures, des points, des cercles… Rien qui ne s’explique avec des mots, seulement la recherche d’une cohérence, d’un équilibre global. » Un travail préparatoire pour de grands formats.

L’équilibre : c’est avec cette idée en ligne de mire que Vincent s’est mis il y a quelques années à dessiner des deux mains. Un entraînement, rigueur du corps et de l’esprit, qu’il compare à celui d'un joueur de batterie. Un crayon dans chaque main, il arrive aujourd’hui à dessiner « alternativement » de la main gauche et de la droite. « Pour mieux retranscrire l’idée d’équilibre, notamment car je suis passionné par la rythmique de la marche. »

Derrière l’apparente légèreté de son trait se cache un travailleur acharné. Pendant sa journée de travail, Vincent esquisse – entre-autre tâches – des affiches ou des signatures d’entités (Univoak, en ce moment) pour l'université, « plus deux ou trois heures chaque soir, et des journées entières le week-end ».

Complémentaire

Ne craint-il pas que cette pratique, omniprésente dans sa vie, vire à l’obsession ? « Au contraire, j’arrive à bien séparer. Par exemple, pendant les vacances d’été, je n’ai plus touché à un crayon après dix jours de pratique intensive ». Surtout, il a ses « mentors », contemporains pour la plupart, qui lui permettent de garder la distance nécessaire. A l’image de John Baldessari, qui écrit comme un mantra « I will not make any more boring art », Marcel Duchamps, Cy Twombly ou Asger Jorn « ont un regard critique, distancé et en même temps très ludique de l’art », dans lequel il se reconnaît.

Tout comme les artistes du mouvement Cobra, qu’il cite encore en exemple, et qui refusèrent la querelle entre figuration et abstraction, Vincent n’oppose rien : « Dans mon travail, je réponds à une commande ; dans ma pratique libre, je ne fais pas passer de message. J’aime autant travailler sur papier que sur tablette graphique. Tout est complémentaire. » Même chose pour les mediums : « Je n’ai pas de préférence. Tout dépend des périodes », explique celui qui s’est aussi frotté à la gravure… et tenterait bien une incursion vers la peinture. « Ça implique de tenir autrement l’instrument, pour moi qui suis habitué au crayon. » Une histoire de mouvement, de nouveau…

Elsa Collobert

Une exposition pour la fin de l’année

Ses formes abstraites, Vincent les fait jaillir de sa plume sous forme de croquis, dans l’idée d’en faire des grands formats. A l’horizon : une exposition. « C’est un long cheminement – toujours en cours – pour parvenir à la simplicité. C’en est un autre de décider de montrer son travail autour de soi : ça y est, je suis prêt ». Rendez-vous en janvier 2020.

Liens vers les lettres électro... Changer d'article  L'été fut sport