Université

« Vers une université plus responsable et durable »

Répondre à l’enjeu du développement durable et de la responsabilité sociétale au sein de l’Université de Strasbourg : c’est l’ambition de la cellule en cours de création. Composée de deux chargés de projets et un service civique, elle s’appuiera sur deux piliers : le contrat de site et le projet Idex correspondant. Explications avec la responsable de cette future cellule, Alexia Martin, conductrice d’opération à la Direction du patrimoine immobilier (DPI).

Qu’est-ce qui a mené l’université à créer la cellule Développement durable et responsabilité sociétale (DDRS) ?

Tous les établissements d’enseignement supérieur d’Alsace mettent en commun leur stratégie de développement par la rédaction de contrats de site. Le dernier en date couvre la période 2018-2022. Aux côtés de la coopération transfrontalière et de l’amélioration de la réussite étudiante, le développement durable et la responsabilité sociétale sont largement cités.

Ainsi, il a semblé pertinent et important de mettre en place une organisation adéquate à cette stratégie renforcée et regroupant les deux thématiques. La création d’une cellule transversale, suivie par le Directeur général adjoint aux missions transverses, a semblé être la bonne réponse.

Quel seront son périmètre et ses missions ?

La première action consistera en un état des lieux de l’existant : recenser la myriade d’actions initiées ici et là, dans les composantes de formation, unités de recherche et services, basées sur les moyens et le bon-vouloir de chacun, pour accroitre leur visibilité (signalez la vôtre !).

Pour l’instant, les objectifs définis pour la création de la cellule sont très larges. Ils vont de la prise en compte des enjeux de DDRS dans l’ensemble des domaines de la politique de l’établissement à leur intégration dans la formation des étudiants et du personnel.

Dans un deuxième temps, il s’agira de les affiner, à partir de l’état des lieux, des éléments issus de la consultation Cap 2030 et du Schéma directeur DDRS en cours d’élaboration à l’échelle du contrat de site, afin de décliner les axes du Plan vert national.

Pourquoi avoir rattaché la cellule à la DPI ?

C’est un héritage « historique » : quand le poste de chargé de mission Développement durable a été « hérité » de l’Université de Haute-Alsace (UHA), en 2015, il a été basé à la DPI car axé sur les économies d’énergie, de même que la mission de service civique rattachée. Il était logique de conserver cette configuration qui fonctionne.

Au-delà du rattachement à la DPI, la cellule a vraiment vocation à être transversale et à s’appuyer sur les compétences de chacun au sein de l’université. Le développement durable est l’affaire de tous, et va bien au-delà du domaine de l’immobilier. L’intégration des sujets relatifs à la responsabilité sociétale augmente d’autant le champ d’action.

Quand la cellule sera-t-elle opérationnelle ?

Le recrutement sera bientôt lancé. L’objectif étant que la cellule soit opérationnelle en septembre, au plus tard. Les deux chargés de projets, dont les postes sont financés pour deux ans par l’Idex*, seront secondés par un volontaire en service civique, mission qui se concentre surtout sur l’événementiel.

Quelles sont les perspectives pour l’avenir ?

A terme, en plus d’actions de sensibilisation et de communication, on peut espérer qu’un réseau de personnes concernées se mettra en place, pour une action plus coordonnée.

Le « must » serait de se doter d'un centre de formation interdisciplinaire à l’environnement, comme ce qui se fait à l’Université de Sherbrooke, au Canada. Il n’y aura pas de solution au problème du réchauffement climatique si les spécialistes de chaque discipline (chimie, biologie, géographie, droit, etc.) ne pensent pas de façon globale, en interconnexion. On en a des prémices à l’Unistra, avec par exemple l’UE Projets interdisciplinaires en environnement.

Recueilli par Elsa Collobert

* Portage politique : vice-présidence Stratégies et développements ; vice-présidence déléguée Egalité-Parité et vice-présidence Patrimoine, auxquelles la cellule sera rattachée.

Deux faces d’une même pièce

Lorsqu’on l’interroge sur la différence entre les notions de développement durable et de responsabilité sociétale, Alexia Martin explique que, d'après ses recherches, elles sont en fait synonymes. Quand la notion de développement durable a été forgée, en 1987, elle a été pensée comme un triptyque (environnement/économie/société). Mais il semblerait que, dans les pays occidentaux, le 3e volet ait peu à peu été délaissé. « En appelant la cellule ainsi, on veut rappeler le côté "sociétal" qu’inclut le développement durable. »

[SERIE] Il y a 10 ans, l'Unive... Changer d'article  Un lanceur d’applications sur ...