Université

Le projet Eole se déploie

Brigitte Nominé, vice-présidente Stratégie numérique
de l'Université de Lorraine, et François Gauer,
vice-président Transformation numérique et
innovations pédagogiques de l’Université de Strasbourg.

Ouvrir les savoirs et favoriser la formation tout au long de la vie, en utilisant le numérique comme outil : ce sont les mots d’ordre d’Eole (Engagement pour ouvrir l'éducation). Lauréat de l'appel à projets pour le Développement d'universités numériques expérimentales (Dune)1, le projet a été officiellement lancé en août 2017, pour trois ans. Le point sur sa mise en œuvre avec Brigitte Nominé et François Gauer, vice-présidents2 au sein des universités de Lorraine et de Strasbourg, co-porteurs.

Comment définir Eole ?
François Gauer : Doté de près de 5 millions d'euros3, Eole a pour but d’accélérer la transformation pédagogique numérique de nos établissements, en développant des outils novateurs. Cette palette d’outils autour de nous qui ne cesse de s’étoffer, nous voulons en tirer le meilleur parti, au service de la formation et de l’apprenant.
Brigitte Nominé : Nous souhaitons adapter nos environnements pédagogiques aux usages des étudiants d’aujourd’hui. Pour cela, il nous a paru indispensable de mettre en place une démarche de co-construction. Sept établissements4 sont associés au sein d’Eole, à l’échelle du Grand Est.

A qui est-il destiné ?
F. G. : En premier lieu à notre public de « prédilection » : nos étudiants, mais également nos personnels. Ce qui représente un potentiel très large de 160 000 personnes.
On peut aussi penser à la mise à disposition de modules courts à destination des professionnels ou aux besoins de formation ponctuels qui s’inscrivent dans la dimension sociétale que l’université souhaite développer.
B. N. : Avec Eole, nous souhaitons aussi rendre visibles nos actions en direction des entreprises, avec lesquelles nous travaillons en synergie.

Comment le projet se met en place ?
B. N. : Trois axes ont été définis : les espaces d’apprentissage, les moteurs de la transformation et le compte numérique de formation. Ils se déclinent en portefeuilles de onze actions (voir encadré), chacune sous la responsabilité d’un établissement qui associe l’expertise des autres partenaires.
Une coordinatrice, Carole Lecourt, basée à Strasbourg, s'attache depuis février 2018 à faire travailler ensemble tous ces acteurs.

Carole Lecourt, coordinatrice d'Eole, est basée à Strasbourg.

Comment les partenaires s’y investissent ?
F. G. : Chacune des onze actions est pilotée par une université. Mais sur plusieurs actions, les équipes qui les développent sont composées de collègues de différents établissements. Dans tous les cas, chaque partenaire développe ses programmes spécifiques, pour que les autres puissent ensuite en bénéficier.
B. N. : L’idée est de capitaliser sur les forces des uns et des autres. Cette manière de travailler ouvre de nouvelles collaborations, par exemple entre les services d’orientation et d’insertion des universités de Strasbourg, Haute-Alsace et Lorraine. Non seulement des services et des composantes des différents établissements partenaires sont mobilisés, mais aussi certaines de leurs équipes de recherche.

Pouvez-vous en dire plus sur les espaces pédagogiques immersifs sur lesquels vous réfléchissez ?
F. G. : L’Université de Strasbourg est, entre autres, chargée du développement d’environnements virtuels (action 1.2). Nous travaillons sur cette question depuis un certain temps, avec notre plateforme Ever. L’enseignement reste avant tout une aventure humaine, basée sur une interaction, donc le présentiel reste nécessaire. L’idée n’est pas d’opposer les deux, mais de les rendre complémentaires.
B. N. : Le virtuel doit rester au service de la réalité, comme par exemple en cobotique (industrie du futur), où la simulation sur l’environnement numérique (3DExpérience) permet aux étudiants de s’entraîner avant d’exercer en conditions réelles sur des ateliers de production.

Qu’est-ce que le « compte numérique de formation » (axe 3) ?
F.G. : C’est un tableau de bord qui permet à l’étudiant de suivre l’acquisition de ses compétences, et de les questionner dans la perspective d’une insertion dans un secteur professionnel. C’est une action forte d’Eole, car elle agrège des données qui ne peuvent être collectées que grâce au développement de plusieurs actions différentes du projet (collecte des traces d’usage, référentiels de compétences numériques et données massives pour l’emploi).

Quelles sont les prochaines étapes ?
B. N. : En février 2019, toutes les actions auront été lancées. L’objectif est que toutes soient opérationnelles en août 2020. Deux rendez-vous sont à retenir : un colloque sur les learning analytics* (en 2019), un autre sur le patrimoine numérique pédagogique (en 2020).

Propos recueillis par Elsa Collobert

1 Le projet bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre du programme d’Investissements d’avenir vague 2 portant la référence ANR-16-Dune-0001-Eole
2 Brigitte Nominé est vice-présidente Stratégie numérique de l'Université de Lorraine, François Gauer vice-président Transformation numérique et innovations pédagogiques de l’Université de Strasbourg
3 2,2 millions de l’Agence nationale de la recherche et 2,6 millions des établissements partenaires, soit 4,8 millions au total
4
Université de Strasbourg, Université de Lorraine, Université de Haute-Alsace, Université de Reims-Champagne-Ardenne, Ecoles nationales supérieures d’architecture de Strasbourg et de Nancy, Fondation Université numérique ingénierie et technologie (Unit)

L'accélération de la transformation pédagogique numérique en 3 axes et 11 actions

AXE 1 LES ESPACES D'APPRENTISSAGE : DU PHYSIQUE AU VIRTUEL

1.1 Faire évoluer les espaces physiques d’apprentissage
1.2 Développer des environnements virtuels
1.3 Utiliser des TP virtuels dans le domaine du numérique
1.4 Utiliser des TP virtuels dans l’usine du futur

AXE 2 LES MOTEURS DE LA TRANSFORMATION

2.1 Ouvrir le patrimoine numérique à l’échelle du Grand Est
2.2 Faire des recommandations de ressources en lien avec l’analyse des traces d’usage
2.3 Construire un portfolio et référentiels de compétences numériques
2.4 Créer un référentiel de positionnement de formations modulaires
2.5 Utiliser les données massives pour l’emploi Grand Est

AXE 3 LE COMPTE NUMERIQUE DE FORMATION

3.1 Développer un compte numérique de formation à l’université
3.2 En appui sur un coffre-fort numérique externe pour tout apprenant

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