Université

« Faire perdurer l’élan de solidarité »

Thomas Heckel, directeur par intérim de la Fondation Université de Strasbourg.
Thomas Heckel, directeur par intérim de la Fondation
Université de Strasbourg.

Avec ses fonds d’urgence lancés au plus fort de la crise pour aider les étudiants et les Hôpitaux universitaires, la fondation s’est affirmée comme un acteur majeur de la crise sanitaire à l’Unistra. Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre ses autres projets et d’envisager l’avenir, nous explique Thomas Heckel, son directeur par intérim1.

Quel bilan tirez-vous de vos campagnes d’urgence lancées pendant la crise de la Covid-19 ?

Nous sommes très satisfaits de leur résultat, mais n’oublions pas que cela traduit une réalité terrible ! 140 000 € ont été récoltés pour venir en aide à nos étudiants2, 1,2 million pour les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) – avec dans ce deuxième cas, une typologie de campagne relativement classique avec 721 donateurs, dont 45 sont des entreprises, ayant contribué à hauteur de 89 %. A l’inverse, pour la collecte destinée aux étudiants, 68 % des dons proviennent de particuliers. Sur les 603 donateurs, 30 % sont des salariés de l’université, 20 % des Alumni et 20 % des étudiants. Une vraie surprise pour nous, et du jamais vu, à l’exception de la campagne pour les réfugiés en 2015 !

Quelle est la destination de cet argent ?

Celui-ci a déjà été distribué, logiquement vu l’urgence de la situation. Nous avons communiqué sur sa destination, notamment à travers ces vidéos : cette transparence à l’égard de nos donateurs est essentielle. C’est ainsi que s’établit une confiance durable. Le fonds d’aide aux étudiants a servi à acquérir des ordinateurs, des clés de connexion à internet ; 60 000 € ont été alloués à l’association étudiante Afges et au Crous. Ces deux partenaires (nouveau, dans le cas du Crous) nous ont paru plus légitimes pour juger de la destination et des bénéficiaires de cet argent, redistribué sous forme de bourses et d’aide alimentaire.

Côté HUS, c’est la direction générale qui s’est chargée d’affecter les fonds collectés en fonction des besoins, notamment l’achat de matériel de rééducation et d’équipements médicaux pour le bien-être des patients. Rapidement, face à l’afflux massif de dons et la multiplication des cagnottes en ligne, les HUS ont souhaité positionner la fondation comme outil légitime et officiel pour accompagner la générosité du public.

Quels enseignements en tirez-vous ?

Les « bonnes années », nous comptons 700 donateurs en moyenne ; en six mois, nous en avons déjà 1 300 pour 2020 ! Il va maintenant falloir capitaliser, en fidélisant ces nouveaux donateurs. Au-delà de l’urgence immédiate, notre programme de bourses d’études s’inscrit dans la même logique. Nous aimerions le redynamiser, en faisant perdurer cet élan de solidarité.
Tout le montant de la collecte n’a pas été redistribué, nous conservons un petit delta pour faire face aux prochaines échéances, et la collecte se poursuit. L’été et la rentrée vont être difficiles, avec des étudiants qui ne vont pas trouver de job d’été ; les besoins vont être nombreux.

L'équipe de la fondation devant ses nouveaux locaux, à Isis-2 : Frédéric Lichtenberger, Ellen Christoph, Jean Gagneux, Hélène Monot, Régis Bello, Roseline Fromm, Thomas Heckel, Nassim Slamani.
L'équipe de la fondation devant ses nouveaux locaux, à Isis-2 :
Frédéric Lichtenberger, Ellen Christoph, Jean Gagneux,
Hélène Monot, Régis Bello, Roseline Fromm, Thomas Heckel,
Nassim Slamani.

Le travail mené repose sur toute une équipe…

Tout à fait, c’est important de le dire ! Notre petite équipe de sept personnes a été mobilisée tout au long de la crise, sillonnant la ville pour distribuer les ordinateurs aux étudiants, répondant par téléphone à nos donateurs.
Nous pouvons aussi compter sur nos fidèles ambassadeurs, Régis Bello (actuel président de la fondation), Alain Beretz, Patrick Llerena... Ainsi que sur les relais de nos services partenaires, comme le réseau Alumni. Tout le monde a joué le jeu !

Votre actualité récente, c’est aussi l’intégration de vos nouveaux locaux…

Depuis octobre, nous occupons une partie indépendante du nouveau bâtiment Isis-2. Nous partageons ces locaux avec la Fondation pour la recherche en chimie, avec laquelle les liens sont nombreux. Avoir ses propres locaux, identifiés avec notre nom sur le bâtiment, cela compte pour notre visibilité !

Propos recueillis par Elsa Collobert

1 En remplacement d’Alice Couégnas
2 Fonds d’aide d’urgence pour les étudiants de l’Université de Strasbourg, mais aussi des établissements strasbourgeois du contrat de site Alsace (Insa, Engees, Ensas, Hear)…

La campagne « Tous Nobels » se poursuit

Avec 44 millions collectés depuis 2010, sur un objectif total de 50 millions – dont 7,5 l’an dernier – le défi pour la Fondation Université de Strasbourg et la Fondation pour la recherche en chimie est désormais de poursuivre sur cette belle lancée. Mais rien de plus difficile qu’anticiper le succès de la collecte pour les mois à venir… « De manière générale, nous ne faisons pas partie des priorités des entreprises, aujourd’hui sans doute encore moins », analyse Thomas Heckel. Dans un contexte socio-économique fortement marqué par l’incertitude engendrée par la crise sanitaire, nous avons tout de même la chance de porter des projets dont les enjeux sont en phase avec des problématiques actuelles de notre société, comme en santé (Maison de l’éducation thérapeutique, Pain Initiative) ou dans les technologies de demain (sciences quantiques) ». Ces projets, crise ou pas, continueront à intéresser certains philanthropes !

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