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Sacha Vilmar vit et vibre pour le théâtre

Le festival Démostratif dans quelques jours (lire encadré), son spectacle M pour Médée en tournée… Ce printemps, Sacha Vilmar est sur tous les fronts. Loin d’être un hasard, mais le résultat de la détermination de ce travailleur acharné, à la passion du théâtre chevillée au corps.

Comme un vaisseau naviguant en pleine mer, la scène est toute entière ceinte de spectateurs :  cinq acteurs se mêlent allègrement au public, les interpellent, les associent à leurs joutes oratoires... plutôt façon battle U.S que théâtre grec !

M pour Médée a été écrite par Anette Gillard et mise en scène par Sacha Vilmar, tous deux étudiants en arts du spectacle à Strasbourg. « C’était une commande de ma part, explique ce dernier, mais chacun y a mis ce qu’il souhaitait : l’interrogation du genre pour elle, pour moi celle du mythe et… Dalida ! »

Questionner l’illusion

En la jouant dans le hall du Patio, en ouverture de la saison de l’Artus, Sacha Vilmar a souhaité « dépoussiérer quelque peu le Théâtre universitaire de Strasbourg », par ailleurs bien reconnu dans le paysage artistique strasbourgeois. Le jeune metteur en scène entend bien proposer sa vision du théâtre, plus verticale, moins frontale. Dans la droite ligne de son « maitre à penser, la metteuse en scène Julia Vidit. Son questionnement de l’illusion au théâtre, comment le spectateur accepte de rentrer dans son rôle en contemplant celui des acteurs… : ça me passionne ! »

Crédit : TAG by Teona
Crédit : TAG by Teona

Un questionnement justement au cœur de M pour Médée, dont le dispositif scénique contribue à réduire la distance entre acteurs et public… C’était aussi le thème, l’année dernière, du premier festival Démostratif, dont la deuxième édition démarre le 14 mai. Ce festival universitaire des arts de la scène, c’est la « concrétisation d’un idéal » pour Sacha : « son » grand projet, auquel il a consacré sa césure, l’an dernier. « Plutôt ambitieux pour une première » : cinq spectacles de compagnies étudiantes du Grand Est, des containers prêtés par Ososphère disséminés sur le campus, des concerts et un colloque. Enhardi par son succès – le projet a même été sélectionné au niveau national par le Crous – Sacha a placé la barre encore plus haut cette année. « Le nombre de spectacles reste à cinq, mais cette fois proposés par des compagnies étudiantes et professionnelles de toute la France. Et le format du colloque a été repensé… » Autour du magic miror (dispositif similaire au « chapiteau » de Strasbourg mon amour), on retrouvera des formats courts, pour sortir de la relation sachant-apprenant.

En tournée avec M pour Médée

Outre le « soutien indéfectible du Service universitaire de l'action culturelle », Sacha a pu compter sur le statut d’étudiant artiste pour mener son projet à bien : « Indispensable, sinon je refaisais un M1 ! » Actuellement en tournée avec M pour Médée, cela lui permet de justifier ses absences et de passer certains examens à distance.

D’abord pratiquant en MJC, puis en option théâtre dans son lycée des Vosges, c’est pour bénéficier de l’ « apport théorique » qui lui manquait que Sacha rejoint la Faculté des arts. Aujourd’hui en master 1 Approche critique des arts de la scène, il reconnaît que la mise en scène correspond davantage à son caractère : « Quand on joue, on s’approprie quelque chose qui ne nous appartient pas ».  

Ces années d’expérience cumulées lui ont déjà permis de se constituer un solide réseau. Un bon passeport pour la suite de sa carrière professionnelle, qu’il envisage bien sûr dans le théâtre. « C’est comme ça que ça marche dans ce milieu. » Là-dessus, il ne se fait aucune illusion !

Elsa Collobert

Démostratif 2019 : Mythe(s) persistant(s)

 

Après Thierry Simon, c’est Sandrine Roche qui sera cette année l’artiste en résidence du festival. Elle disposera de cinq jours pour écrire un texte sur le thème du festival, « Mythe(s) persistant(s) ». Dans le même temps, chaque soir, des spectacles sont proposés sur le campus.

 

De cette programmation, Sacha Vilmar et sa « complice » Fanny Colnot, de la même promotion, espèrent faire naître un « foisonnement, des rencontres ». Car le festival à la trentaine de bénévoles s’interroge aussi, dans le sillage d’Henri Lefebvre et son « droit à la ville », sur l’usage et l’appropriation du campus par ses habitants – étudiants, personnels, riverains.

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