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L’art du combat de Ferid Muharemovic

Ferid Muharemovic (à droite), dimanche 8 avril 2018,
lors de sa finale victorieuse du championnat de
France de sanda.

Vous ne connaissez peut-être pas (encore) le sanda, mais sachez que l’Université de Strasbourg abrite l’un de ses espoirs. Ferid Muharemovic, récent champion de France, est aussi prometteur que sa discipline est émergente.

Dimanche 8 avril dernier, au terme de trois combats intenses, Ferid Muharemovic a levé les bras en signe de victoire. Le dernier s'est joué en trois rounds, pour départager les adversaires. « Ça a été difficile, mon adversaire était tenace. » Chaque manche se joue en deux minutes : les combattants doivent être à leur maximum, physique et technique.

Le jeune champion de France (catégorie moins de 75 kg), chargé de communication à la Direction des relations internationales (DRI) hors du ring, définit sa discipline comme « une mise en application des arts martiaux traditionnels. Je suis très fier d’être rattaché à une discipline qui porte aussi le qualificatif d’"art". »

« Champ des possibles »

Ce qu’il apprécie avant tout, c’est l’alliance du combat et du côté esthétique des enchaînements. « Pendant chaque round, on est scrutés sous toutes les coutures par plusieurs juges et arbitres. La victoire n’est pas seulement obtenue grâce à l’efficacité de nos coups. La qualité des enchaînements pieds-poings-projections, la maîtrise de l’espace, les sorties de zone de combat sont aussi évaluées. » Un « champ de combinaisons possibles » très large, qui permet de mettre en place « de véritables stratégies, à la différence d'autres styles de boxe, plus centrées sur l’efficacité des coups ». C’est tout cela qui a séduit Ferid dans ce sport.

À la base pratiquant de boxe française, il passe au sanda à la faveur de sa rencontre avec l’entraîneur Michel Anstett, « l'un des plus reconnus dans le milieu à Strasbourg », en 2015. Déjà, à l’origine de sa première montée sur un ring, on trouve l’influence de ses amis, qu’il suit à un entraînement. « Il y avait aussi l’attirance de petit garçon pour l’univers de Dragon Ball Z », reconnaît-il dans un sourire. Ses amis étaient présents, en avril dernier, à Paris, pour le soutenir dans sa montée de la plus haute marche de sa discipline.

Ferid et son entraîneur, Michel Anstett, au parc
de la Citadelle.

Endurance et mental

Ceinture noire en 2017, Ferid ne s’imaginait pas pour autant prêt à obtenir un titre. Ses atouts ? « Endurance et mental », analyse-t-il sans hésitation. « Je ne vois personne d’autre s’entraîner au Parc de la citadelle, seul, sous la pluie ! » Diplômé de l’Institut d’études politiques de Strasbourg, Ferid continue de s’entraîner seul pendant son année d'échange au Canada. Emmène sa corde à sauter même pendant ses « vacances en Espagne, entre potes ! »
Son régime habituel ? « Trois entraînements par semaine, deux séances de musculation, plus une séance de course à pied sprint ou de shadow boxing1. »
Un entraînement complet, qui lui permet de « switcher sans difficulté du sanda à la boxe française », qu’il continue de pratiquer au Service universitaire des activités physiques et sportives (Suaps) (lire encadré). « Je me mets aussi de plus en plus aux Mixed martial arts (MMA), vers lesquels j’aimerais évoluer. Comme le sanda, c’est une discipline en pleine expansion. » Son club, l’association Kung fu contact espoir (KFCE), compte 30 licenciés dans la section sanda, dont pas moins de trois champions de France, une féminine et deux masculins. Il y encadre des groupes de jeunes. La relève est assurée !

Elsa Collobert

1 Technique d’entraînement de boxe dans le vide, contre un adversaire imaginaire.

Le tremplin du Service des sports

Étudiant puis personnel de l’Université de Strasbourg, Ferid apprécie de pouvoir suivre les entraînements et de réaliser des combats au Centre sportif universitaire (CSU), sous la férule de Julien Panigot. « Le groupe de boxe française est très dynamique », apprécie-t-il.
Le Service des sports a fait sa rentrée le 3 septembre dernier. Des activités acrobatiques et gymniques au yoga, ses 69 activités sont accessibles gratuitement à tous les étudiants inscrits à l’université, ainsi qu’aux personnels.

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